MeÌa comme meÌandre .pdf

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La nuit m’apparaît longue et particulièrement sombre. Satanés oiseaux nocturnes. Des
monstres lugubres, fourbes, fidèles rongeurs de poitrine.
La nuit. Quel mystère. La nuit, tout remonte à la surface. On n’y échappe pas. Méa aimait le
mystère. L’inexplicable. Les réponses ne l’intéressaient pas. Elle préférait l’esthétique et la
fragilité d’un point d’interrogation, sinueux, plutôt que le sceau d’un point de plomb.
D’ailleurs, Méa détestait les points, synonymes de fin. Chaque minute sonnait le glas d’un
instant perdu. Peut-être était-ce la raison pour laquelle sa mémoire aiguisée consignait, de la
plus dérisoire à la moins insignifiante, chaque expérience.
Aujourd’hui, Méa est différente. Méa s’est allégée, contre son gré, d’un passé composé d’une
histoire. Aujourd’hui, Méa la conjugue au présent. Comme disent les médecins, Méa est
malade.