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,/

Les Avalanches

de fin

décembre "1923

en Savoie
PÀR

F. GEX

\
Extrait de la
.. REvuE Pe cÉocnAPHIE ÀLPINE
publiée sous la direction de
Raoul BLANCHARD
Vol. Xlt, t924, fzscicule I

uNlvERslrÉ" or cRENoBLE
tNSTITuT or cÉocnÀPHIE ALPINE
GRENOBLE
ALLTER PÈne

r'r FlLs,

IMPRIMEURS

Cours Jan-Jaurès, z6

t

H'
r=

t-

tES AYALÀI\CHES DE IIIN DÉ(]EMBRE 1923
EN SAY()IE

1

L'annéc 1923, qui a été unc année d' u cxcès de temps >, a tcnu
son rôle jusqu'au bout 2. Après la vagr_re de froid du prlntemps, elle

eut sa formidahle vague de chaleur de l'élé, et enfin de colossales
précipitations d'auLomne. Le seul second semeslre de I'année a donné
68ô mm.

à

Bourg-d'Oisans, 1206

à

Saint-pielre-d,Entremont. A

Chambéry, le total des trois clerniers mois de I'année s'élève à
617 mm.; à 1\4otrt,iers, à 4b9; à Modane, à bb0; à pralognan,4B0;
à Chamonix, 548. Pour le seul mois de décembre, on eut B7Z mm.
à Saint-Pielre-d'En[remont, 484 à la Grande-Chartreuse, 227 à
Bourg-d'Oisans, 220 à Chambéry, ZZ7 à MoùLiers, 287 à Modane,
246 à Pralognan, 227 à Chamonix. C'étaient là des condilions favorables aux avalanches. Etudions successivement leurs oauses et leur

répartilion.
1

Nous remercions bien vivement nos corresponclants de leurs obligeantes
communications : a) pour les ehiffres d,es stations saaogard,as, 1\{, Jérôme et
leÀ services de M. révêque, ingénieur en chef des ponts et chaussées de la
Sar.oie; M. le D" Despeignes, direc.teur du bureau municipâI d,hygiène à Chambéry;
b) pour les stati,ons rl,auplti.noôses, M. L. Vidal, professeur à la X'aculté
des sciences
cie Grenob e, secrétaire de la commission nétéorologique de I'rsère;
'- c) pour I;es aualanches du Beaufortain, Granier et Chamonix et les chiffres
de cette dernière station, M. de Rochebrune, inspecteur du service du Reboisement à Chambéry;
d) pour .les autres régions, outre les journaux, divers
ccrrespondants, en particulier
MM. les Curés de Saint-Jeand,Arves, Valloire,
Lanslebourg, BesÈans et Bonneval en n{aurienne;
de SaintJean-de-Belleville, Champagny, Pralognan, Tignes et Val-d,Isère en- Tarentaise;
ia Giettaz
dans le Vald'Arly;
Thônes et Ie Reposoir dans Ie Genevois; - Bellevaux,
nlorzine, Abondanee pt Bernex en Clrablais:
Sixt sur le Haut-Giffre.
Ilou' le cadre régional et lés causes des avalemches,
voir p. Mougin, Etucles
glaciologiques, ? partie : Les at:alanchas en Baaoàe, Imp. Nat., pafis, Ig22,
analysé par M.

A. Allix, 7?air. Géo7r. At1t., t. XI, 1928, p. 802-&5;
A. Allix
et F. Gex, Ib,id., t. XI, p.487-529: Los arua,Ionchss de 79pp-pT en- Dauphi.né

et Saaoie.
' Ii'. Gex, Le cli.mat du 7", semestra lgPS dans l,es Alpes ilu Nord (Reu. Géogr.
Alp,, t, XI, 7923, p. 6.11.655).

>i
i

.130

F.

L

-

Les

causes.

On a vu que les énoi'rrres chiffres de décembre avaient singulièrenrent contribué à enfler les tranclres annuelles. Bien plus, précil.ritations presque cxclusivetrronl, solicles en alliLude, elles porLent
loute Ia responsabilité des avalanches. CelIes-ci s0nt le résultat
direct de la masse prodigieuse de Ia neige, de sa nature à l'état
pulvérulent, non moins que de sa soudaineté ou de la brièvel-é du
lcmps de chute. Lcs neiges de novembre n'y sont pour rien, ayant
all,erné régulièrement avec des pluies tièdes qui presque aussitÔt

précipitaient leur fr-Lsion et en refoulaicnt la lirriite jusque vers
1800 ni. Il n'est donc de comp[es à denander qu'à décembre, à son
r'égime climaLique el nivométrique.
,'\ part, les ondées modestes du 2 cl du /r à Chambér-v, qui se sonl
t,r'aduites, avrlc un jour de relard dans les stations intér'ieurcs, par
une couche de neige n'excédant pas 21 ort:r. à la Grancle-Chartreuse,
5 à Champagny cl, 40 à Chationix, le rr ois den'ieura absolument sec
jusqu'au t9 avec une tempéralure au-dessus de la moyenne. Les
pentes purent se libérer forl, haut quand, vers le 14, la bise du Nord,
de plus en plus âprc et violente, vint fléohir progressivement la
température. Elle souflla cn [erttpêt,e Ie 19 au soir, accompagnée dcs
tourbillons d'rine neipçe clont, la chut,e, sauf I'accalmie du 26 atl
nratin et du 30, deviLit ocouper loutc I:r fin du mois. Sur toutes les
pentes préalabiernent asséchées et glacées, l:r bise d'iibord jusqu'au
22, puis le vent d'W., plus humide et plus plodig-uc, accumnlèrenl
une quantité prodigieuse de neige poudreuse, < folle ,. La chute
connu[ son puroxystne dans la journée du dinranchc 23. Elle y fttl
sans arrêt; rnais le reièvetnenL de la température par vent d'W.
ia changcait en pluic dès minuil, dans le Petit-Bugey, dès 4 h. à
Chambéry, vers I h. à Sainl-Pierrc-d'A1bign1', 10 h. à Albert,ville.
l{ais à Motrtiers eL dans toui,e la zone intérleule, cctle pluie était
enoore de la neige, non plus folle, mais molle eL lourdc, constituanl
au-dessus de l'épaissc couche poudreuse un nranloau plus compact,
lecouvranl une nappe sans consisl,irnce et mouvante et comme des
tlpaules trop faiblcs c[ menucs pour étayer unc armure aussi accabianie, que la pente el, la pesanteur devaienl. solliciter aussitôt vers
les talwegs. Il faut nemarquer enlin que cctte neigc humide ne
tlépassa pas à l'E. les limites de la moyenne Iarentaise et Maurienne'
Dans ia zone 'frontière, de Bourg-Saint-l\{aurice en amont, la
chute cessa même tout à faiL vers midi, lui épargnant ce manteau
supplémentaire el comtrract, causc ilo tous lcs malheurs; comrrr{r
aussi furent épargnée-s t'elativenrent, les Pr'éalpes ocoidentales, oir la
pluie sulvint tle Lronrr,-r hcttle potri' détren-rper el tasser 1a couche des

l-

LES AT.'\L.\\

GEX.

jours précédents,

la

qu'il en résult,a

dei

basses vallées, le G.
béry el Annecy.
C'est ainsi que, p

pitaLions, se tlcvaiI
dans le lemps. au r
lemcnt dans la soir
Llne zone iongltudin

ncttcment circonscr

tièrc, avec marirltt
ccnLlaux, dans tou

fortain, le haut va
Chablais, le haul, G
Au surplus, la sl,i
nous {ixer. La coucl

1)eliL-Bugey, cL dr)
balar'éc, tanclis qu'à
après un maxinrunr
Ce môme jour, Sait
FIélène-sur-Isère 7(

à

Lcscheraines.

60

l'W. par
Frône, qui ne surcl
le 0hàl,elard eL Sain
abr:itée à

chiffres plus précis
fusiorr en décemlrrc
de neige, dont I m.

J3ourg-d'OisarIS, por

dont fl nr. 5/r lc

0 rn. 70 le 22

el, 0

2i

tt

0 m. 30 le 23; Pr
encorc Ie 25; erJin
Ie 25 et I m. 63 ent
Oes données per
cillrscs cles avtlancl
eL

firll, quc lustrcr les
glissemcnl cn gelar

lt

surface de itr vie

t

Cc

ful

unc surPrisr
tle trout'cl lu t
l'irrrroruuahlc bouc dcs
traire est anssi fr'éqtter
dr l'rltrtrrdc : 417 m. it

I'Irllilt',

I,ES A\.'.4.L.\NC1FIES DE FIN DÉOËMBRE 1923 EN

SAVOIE.

t3I

jours précédents, la colrer au sol, en précipiter Ia fusion.
u est vrai
qù'11 en résulta des rnondations générales oont pâtirent toutes
les
basses vallées, le Grésivaudan en particulier et les cluses de char'béry et Annecy.
c'est ainsi que, par l'effer de la masse et cle ra qualité des précipital,ions, se devail strictement localiser te domainÀ des avalanches :
dans le temps. au oours de ra chute cle ra neige humide et spéoialement dans la soirée du 23; dans I'espace, re phénomène affectaiI
Llûe zoûe longitudinale s'étendant sur toutes les Àlpes du Nord, mais
neltement' circonscrite entre ies préalpes orientales et Ia zone fro'tière, avec maximum d'intensité sur le versant interne cles massifs
ccntraux, dans toute la région houiilère de Tarenr,aise, re Beaufortaln, le haut val d'Arly, la parr,ie orientare d* Genevois et clu
Chablais, le haul Giffre et tout te val de Chamonix.
Au surplus, la sl,atistique nivométrique de décembre achèvera de
nous fixer. La couche ne dépassa pas pas 10 cm. dans les vallées du
Pet,it-Bugey, eL dès te 23 à midi, la pluie I'avait complèl.ement
balal'ée, tanciis qu'à cettc heure thamltéry' en gardait.rror.20 crn.
après un maxinrum de 30 au rnatin, avant le lassement par la pluie 1.
Ce même jour, Saint.-Pierre-d,Albigny en mesurail b4 cm., Sainte_
lIéiène-sur-Isère 70 et Albertville 80. Les Bauges en accusaient B0
à Lescheraines. 60 à Ecole, mais 20 seulement, à Sainte_Reine,
abritée à l'V/. par l'écran du Colombier; 60 également a' col du
Frêne, qui ne surenL même pas aruêter I'autobus du service entle
le châtelard et saint-Pierre. Les stations d'observation clonnent des
chiffres plus précis ct beaucoup plus suggestifs. pour une lame de
fusion en tlécemltrc d,e L2Z mm., la Grande-CharLreuse accuse 7 m.6g
de neige, dont t m. 17 du 19 tnt 22, 1 m. le ZJ, 4. m. encore Ie 21r.
J3ourg-d'Oisans, por-lr 227 rnm. d'eau, a relevé I m. ZS7 de neige,
d.ont 0 m. 5/r le 23. En Savoie. Nlotitiers a reçu .1 m. Z9b, dont
0 m. 70 le 22 el,O m. 20 le 23; Modane, I m. g1, tlont L m. L0 le ZZ
ef 0 m. 30 le 23; Pralognan, 3 m. l8b, dont 0 m. 92 le 23 eL 0 m. L2
encole le 25; enfin Chamonix,2 m.875, dont 0 m. B0 le 23,0 m.48
le 25 et t m. 63 encore du 24 au 81 décembre.
Ces données pcrmetlront de serrer de près I'authenticité des
callses des avalanches. La sécheresse glacée antérieure. au 1g n'a
fait que lustrer les pentes cl les prédisposer au rôle de nappes de
glissemenl en gelant le sol découvert ou en glaçant et durcissant
la surface de la vieille neige au poinl, d'y interdire toute possibilité
1 Ce fut une surprise, point rare, pour le ïoyageur qui
franchit le tunnel de
I'Iri1;ûrc, tle tlouyer lâ terre découverte ù Ai-quebelette apr.ès avoir pataugé dans
I'innommable bone rles rues tle chambéry. Neige en deçà, tcrre au clclà; le co'traire est aussi fr'équent, du fait du caprice des r.ents nivifères ou simplement
ele l'altrtude : 417 m. à Aiguebelette, contre 270 m. È. Chambéry.

LI]S AY.{LAN

d'adhérence aux neiges folres qui surviencrront. ces dernières,
mais
principalement I'énormité de Ieur masse, demeurent donc la cause
essenl,ielle des avalanohes; masse iûoonsistante et instable qui n'attendra, pour dévaler', q*e I'ébranlement et Ie déolio clu revêteme'l
plus Iourd et compact, mais sans assisc, de la neige molle de la
surface. lelle une tôlc glissanl sur Lln toiL ctéclive el poudleux pour

s'abîmer dans un Lour,billon de poussière,
L'absence de b:rr'age, cor'rrie toujours, a sa parr de .espo'sabiti [é: r'essauts rocheux, pcupreme*t foresLier, t"u,ru,r* déiensit's,
toutes ruptures de pente na[ur.el]es ou ar.litcielles. La plupart des
coulées ont, suivi des chemins ba[tus : couloir.s torrentiels nets
et
sans retenuc; l,outes les < Iavanclres r el aulres < ravanohvs >
locaux, traînées verticares de dénudatio' qui déchirent
;usqu'aux
tahvegs le-q flancs montagner-rx, sans respecI même pn,,r inu" ,orrn
boisée. c'est ainsi que da.s les préarpcs occidentaies, la neige a
peu ou point, bougé a.u-dessous de ra rirnire des bois ou ra coùche
était considérablernent tassée, amincic et collée sur Ies pentes
gazonnées. Erre ne s'est ébranrée qu'au-dessus cles bois
el àos t.
pied des falaises calcaires oii la oouche était prus épaisse, prus
poudreuse et moins longuement détrempée par les pluiei. Le Bôaufortain n'a guère connu que des avaranohes cre couroirs et de prairies au-dessous des bois. En moyenne Tarentaise, le r revers u gto
épargné, grâce à ses forêts, tandis que lcs maiheurs de I' < endroib
" u
lui sont ven's de ses longues pentes gazo.nées et sans défense.
A charrronix, dans le val de 'rignes et ra Haure-Maurienne, res

couloirs et la raideur des flancs d'auge se disputent ra respon-

sabilité.
Les mêmes causes ont joué jusque dans ra narure des avaranches,
Tandis qu'à I'W., partout où ta masse a'ait été détrempée à même
le sol par les pluies, on eut des avalanches de fond, bien reconnaissables durant I'accalmie du 24 aux taches noires des niches d'arra-

chemelnt, ailleut's, et de plus en plus vers I'E., ce ne furent que
des avalanches volanles, superlicielles, de poussière. Elies ne découvrirent nulle part te sor de leur lit, soit pa-rce qu,il ful aussitôt
reblanchi par les chutcs de neige du lendomain, soit parce que leur
ravinement n'atteignit, pas ra couche inférieure, pas même oeile de

ia vieille neige; ou que l,avalanche, comme ce fut Ie cas pour
Yillard-sur*Doron el, l'une de celles des Bieux à pralognan, fut
litléralement volante, décoilée du sol, à ra manière d,un âvion au
départ,.el, qu'elle s'amusa à décoilïer' rcs rnaisons tle reur toit, sans
toucher à la carcasse habitée du dessous.
L'examen de la répartition des avaranohes révélera bien d'autres
bizarreries, une foule de cas d'espèce, incataloguables, mais qui
issent généralement srrbsisier Ies rleux lypos ci-dessus : lps uvalan_
ohes de fo*c qtri ont couré par le bas, râchées par un sol détrempé,
la

mais pour demeure

bois ou des gradin
exclusivement et qr
s'attarder aux obst
parfois même survr

Ces considératior
dans I'examen de ]t

II.-(
Nous ne citerons
l'avani-pays aipin,

r

Bugey de l'Ain a co
de Forens qui a fai

Yalserine qui, à

Co

ligne de Bellegarde

jor-irs. L'accident, ar
avalanches qu'aux

l

la Iigne au.sortir t
à la faveur de I'ol

ohauffeur. Plus at
redouiables du fla

plalne de Genève,

.

ses taillis, sa moin

1'

Les basses va.

béry et du ltic d'l
leurs versands. El
résultant du lessi'

II s'
et I'inondation de
Thoiry et attx Dë

basses pentes.

coulées neigeuses
Leysse dans Ie got

r

atteignil le tablier
Le danger pour la

La rtiplure dc
Bourget, en

y

la

étal

un niveau de bas
amont de Ia villt

affouillement éner
déchaussée, mise

réparé, mais
Seyssel,

don

la plaine

I!]S

AYALANCIIES DE II]N DÉCENîBRE 102.3 EN

S-\YOIE.

133

mais pollr demctrrer localisées à I'w. et arrê1.ées par I'obstacle des
bois ou des gradins Iatér'aux; à l'E., Ies a'aranches de poussière
exclusivement et qui, elles, ont coulé par ie haut,, en surfïce, sans
s'attarder aux obstacles qu'elles ont re plus souvent bouscurés et
parfois même survolés.
Ces considé'ations générales, acquises, dispenseront d,y revenir
dans l'examen do la r'épariil,ion régionale"

II.

-

Chronique régionale dcs avalanches,

Nous ne citerons glle porlr mémoire res méfaits de ra neige dans
i'ar-a.L-pa;'s alpin, celui-ci
pas du tlomaine de cette étirde. Le
''étant
B.gey de l'Ain a connu de très
authentique-s avaranches: telles ceile
dc Forens q.i a fait une vicl,ime ct renversé sa maison; celres de ra
Yalserine qui. à confort, Lelex et cirézery, ont coupé Ia route et Ia
ligne de Bellegarde à chézcry et tenu broqué Ie val pendant de.x
jours' L'accident' anaiogue qui a isolé re \rarromcy cst clù moins a'x
a'alanches qu'aux grandes pluies qui ont provoqué l'éboulement de
la ligne au .sortir de Ruffieu, où to't un convoi est venu s'abîmer
à la hv.u'de l'nbscuri ré eL cuu:er ra morr cru nréeanicien er, du
chauffeur. Plus au Nord, les avarancrres ont fusé nombreuses et
recloutables du flanc orien|al dc ]a monlagne jurassienne sui la
plaine de Genève, I)ivonne et Gex. Le petit-tsugey fut épargné par
ses taillis, sa moindre alLllude et son moincire enneigement.

1' Les basses vallées et cluses préalpines. Les cl.ses cle char'béry et du ltic d'Annccy ont peu ou point-connu I'avalanche sur
le'rs versa.ts. Elles n'en onL reçu que Ia décharge torrentielle,
résultant du iessir-age lntégral par ia pluie des neiges cle leurs
basses pentes. Il s'est traduit par l'enflure erccssive des émissaires
et I'inondation des plaines. Le bassin supérieur de la Leysse, à
Thoiry ct aux Déserls, s'cst zébré sur sos flancs d'inno*brables
coulées neigeuses et d'ébouiemenls. L'un d'eux barra un moment la
l,eysse dans Ie goulot du cirque des Déserts. Le niveau du torrenl,
atteigni[ ]e tabtier des pont,s et de sa ( couverlure > à Chambéry.
Le danger pour ln ville ne fut conjuré que par un accide^t heureux.
La rupturc dc la dig'.rr: au Chen'rinet, en aval dans la plaine du
Bourget, en y él,alant lcs eaux, y réalisa la pcnle-limite ct comnie
un niveau de hrse. T,'ér'osion t,cnronlante recreusa le lit jusqu'en
amont de ia ville, décorrgestionna lcs ponl,s, mais au prix d,un
affouiliement éncrgiquc des rnurs de la digue. Celle-ci cn fut Loui.e
déchaussée, rnise cn I'air par la base : un malhcur qui fut vite
réparé, mais dont on devra srilveiller le reLour. De la Motte à
Seyssel, la plaine du Bourget et ta Chautagne ne formèrent qu'un

r31

F.

lao, car celui du Bourget était monté d'un nèLre, se conjuguant
qui cnvoyt)rent b0 cm. d'eau sur
la route de Culoz à Cirindricr-rx. L'Albanne, engorgée elle aussi,
avait repris son habituelle inondation de la plainc de la Madeleine.
Dans la Combe de Savoie, le lac de Sain[e*Hélène se dilal,ait à travers les marais depuis Coise jusqu'à l'Isère et, Porrl.charra. A'Aixles-Bains, lcs nei6;es du flano W. du Revard gonflèrent le lorrent de
Chevalinc ol de Chaudanne jusqu'à en inonder le bas quart,ier de
la ville. I)ans ia cluse d'Ànnecy, les neiges drr bassin de I'Eau-\{ortc
et drr versant N. des Bauges élevaient Ic nir-carr rlu lac. Le débarcadère et le pont de la Halle à Ànnecy étaient recouverts, les
canaux de la ville engorgé-s, bien que toul,cs lcs vanncs fussenl
aveo les débordemcnts du Rhône

I

LES À\.'r\LAl

GEX.

evées.

Au chapitre des méfaits dus au lessivage dcs basses nciges par
la pluie, il faut reporler Ia série des débordcment,s et, laves torlent,iels décochés par ses tributaires latéraux de Ia rive droitc sur la
cluse du Bas-Grésivaudan, de Grenoble à Voreppe. Ilnl,re Rives ct
Yoiron, c'est un éboulemen[ qui ini,crceptc la ligne de Clrenoble à
Lyon. A Pique-Pierre, une lave précipitée par la cascade du Rachais
cnvahit la lignc du tramn'ay de Voreppe. Vers I'amont, la banlieue
justilie arnplemenl son l,itre dc plaine d'inondation sous
le coup de la conjonction, cntre Gières, Eybens et Echirolles, des
de Grenoblo

débordements émanant de la trouée d'Uriage, ct, au PeLit-Rochefort,
de Saint-Paul-de-\rarces, sous le rebord N.-E. du Yercors.
Dans le Haut-Grésivaudan, ces débordements des appareils laté-

raux font rage, n'iais s'atténuant peu à pcu vcrs Ie N. du fait de
Ia latitude, donc de ia moindre éIévation de la zone des pluies et
de leur moindre persistance; si bien que dans la Combc de Savoie,
le redoutable Gargot de Saint-Pierre-d'Alhigny, un émule du llanival, n'apporta que des menaces et que, seul, lc Pontulin de Chamoux sollicita, sur les flancs schist.eux du cirquc de X{ontendry, un
énorme éboulement qui surprit trois lacct,s de la route sl,ratégique
du fort de Nfontgilbert.
Ces accidents isolés et quelques aulres plus menus et sporadiques
n'ont pas I'ampleur ni la densité de ceux de la région grenobloise :
sur le Sonnant, d'Uriage à Grenoble, aux combes de Donrène, Lancey et Laval, sur Je Rif de Goncelin, tous émissaires de Belledonne;
sur Ie Charméran de La Tronche, les Jallières de NIeylan, sur Ia
rive droite. Aux abords d'Uriage, Ie Sonnant était subitement détraqué par une crlle de son afflucnt, le Sautclel, qui, justifiant, bien
soû nom, changeait de lit et coupait ia route de Saint-Nizierd'Uriage, landis qu'une avalanche interceptait tout près le chemin
de Champrôti. La vague d'inondation malmenait au passage la plupart des arlifices de la Combe de Gières, ravageait la route au
Vaupas, crevaii ses (iigues à Gières même pour inonder aussitôt
les quarliers de Ia Galochère, dc Ia Croix-Rouge et de Saint-Martin-

d'Hères, toutes les
d'Uriage et cle Fro6
la Bajatière. Le dé
des fossés des ren
pronts trop étroil.s

oanaux d'amenéc
causa que le désag
l'usine génératricc
\\'ays électriques n(

È

lc

quarLicr ct les
Iave d'un éboulemt
colipé la rrtute. Le
et jusqu'à des tron
de ia gare.

Sur ia rive droit
dait à La llronche
irruption le long d
dans les u chanto
large ca-*sis dans
dc ce nouvcl accir
rrrent le hameau,
Le Manival, loutel
Crolles, rrais leurt
gr.rement la circuli

.

Toutes ces inont

ljeurcs aux

grand,

Ia re-sponsabilité p

dant il est bon d'
basses vallées le 2i

et de leurs avala
ncige qui fttt la

pour entraver lad
noble, ainsi qtt'à C
comme on n'en a\

rnent,s dans cles lac
rée blanche en sur

t,oits

el farci." d'r

comiques, dont le

I'arrêt du

service

préjr-rdiciablo au p
les fôtes de Noë1.
Le plus fâcheux

ville,

e1.

dcs trair

l'0isans, inl-ercepl

Far une gfosse avt
de Grenoble et de

LES ÂT.I.\LAr.r-CTIES DE FIN DIiCEMBRE 1923 EN

S,\\'OIE.

{3iI

d'Hères, toutes les routes de la plaine et les lignes du trarnrn,a5.
d'uriage et cle Froges. La nappe de déborclen'rent rejoignait celle clo
la Bajal,ière. Le dclgorgement était rendu difIicile par l,envasement
des fossés des rempar[s de Grenoble, la congestion résultant tir_:s
p,onts trop étrrti{s qui les étranglent ct la disposition en zigzag des
canaux d'amenéc à I'Isère. Le toment de la Contbe-cle-Lancey nc
causa que le désagrénrcnl rl'une inondation vite écoulée. A Froges,
I'usine génératricc dc lunrièr'c et dc force pour la tracl,ion des trant_

fut aussi que passagèrement envahie. De mên.re,
le quallicr ct les jardins clc la garc à Brignoud, par suite de la
Iave d'un éboulenrent descendu dans le torrenl à Laval après avoir
coupé la route. Le Rif de Goncelin projetait ses eaLrx, ses graviers
u'ays électriqlres ne

et jusqu'à cles tronos d'arbrcs sur la ligne de Chanrbéry, aux abords
dc la gare.
Sur la rive droite, le Charméran, r1évalant du col de Vence, débor_
dait à La lllronche, aveuglail de ses épavcs lc pont Bottu et, faisait
irruption le long des murs de i'hôpitai, pour aller se perdre ensuite
dans les u chantourncs , de la plaine, non sans avoir ouvert un
large cassis dans la route nationale nn 90, qui n'avait pas besoin
de ce nouvel accident. Les Jallièrcs surprirenl aussi désagréable-

rnent le harneau, le vignoble el les fermes de la Ville de Meyian.
Le l{anival, loutefois, ne déborda pas, non plus que le torrent dc
Crolles, trrajs leurs cassis sur la route nationale y int,erdirent longuement la circulation.
Toutes ces inondation,r, échelonnées du 25 au 29, sont donc posté-

rieurcs aux grandes neiges du. 22-28, bien que cclles-ci en gardent
la responsabilité première, la pluie n'ayant fait que I'appoint. Cependant il est bon d'insistcr -qur ies disgrâoes qu,ellcs infligèrent aux

basses vallées le 23; eltes nous achemineront vers celles des hauteur.s

of de leurs avalanches. O'est cncore la pluie survenan[ après la
neige qui fut la cause de tout le mal: les deux se concertèrent
pour entravcr radicalemenl, la circulation tou1,e la journée. A Grenoble, ainsi qu'à Chambéry, ce fut le triomphe de la u bouillaque ,
comme on n'cn avait jarnais vu, crposunt les piétons à des enlisernents dans cies lacs sournoisenent camouflés par de la neige demeurée blanche en surfacc, sans préjudice pour les paquets chuLant des
toits et farci.q d'ardoises : toute une série d'accidents graves ou
comiques, dont le résultat le plus clair fut la claustration forcée,
I'arrôt du service post,al, de la clientèle rurale et des affaires, si
préjudiciablo au pcl.il crlrrlrorce r.n cos jnlrs de prodigalilé que sont
les fêtes de Noë].
Le plus fâcheux, cc ftr{.'cncore I'arrêt tiu scrvice des tramways, en

r.ille, et clcs trains srLr. ia lignc Grenoble-Chambér-v; sur celle clc
I'llisans, inlercepl.ée au kilomèt,re 38, entre Livet et Rochetaillée,

par une grosse avalanche; sur celle du Yercors, oir les convois partis
de Grenoble et de Yillard-de-Lans ne purent atteindre Saint-Nizier.

r

.F

]I.

136

GEX,

à plus fort'e raison sur les lignes des vallées in[érieures alpestres,
voire sur celles de toutes les régions montagneuses de France oir
avait sévi la tourmente de ncige, en attendant, au cours de la
semaine, les entraves des inondat,ions dans la plaine,

De Chambéry en amont, lcs posl,es d'aiguillage furent générale_

m'ent bloqués. Partout la neige interposait son tampon coinoé par la

manæuvre des aiguilles en[re les rails el leurs. raccords. II failut
Ies débloquer à ia pelle et à i'eau chaude. En gare de Chambéry,
les locomot,ives ne pouvaient quitter leur garage qu'à l0 h. du matin.
Le premier [rain de ]Iodane, à 6 h. 20, ne s,ébranlait qu'à 10 h. 80,
mais pour s'arrêter à 16 h, à Saint-Jean-de*N[aurienne, comme
l'express de Turin à qui iI avait frayé la voie, parce que les avalan_
ches avaient recouvert Ia ligne à Orelle et à la praz et que, d,ailleurs, la couche de 1 m. 1r0 à la gare de Nlodane en interdisait I'accès.
Môme inforiune sur la ligne de Nloûtiers, otr le pren'rier train, parti à

11 h. de Chambéry, arrivait à 16 h.30, sans pouvoir aller plirs loin
cn raison de I'avalanche de la Pombiière,.à Ia sorlie du dernier des
l,unnels dri Délroit du Sieix. Le trafic des convois de marchandises
fut inLerrompu trois jours, à cause du blocage cles voies de garage
dans les gares. De Nlontméiian en aniont, on dut en charger la neige
sur des wagons plats qu'on allail vider en dehors des stations, sur
les talus du ballast, oîr il en sribsist,e encore des monceaux en ce
début de mars. Et jusqu'à ia mi-janvier, on eut la surprisc à Chambéry, libre de neige, de voir défiler des rames entières de wagons
qui avaicnt stationné dès le 22 à NIodane, porteurs d,un curieux
capuchon d'un bon mètre de neige bien tassée.

D'autres méfaits de la neige dans la plaine, tels que celui des
toits écrasés à Gières même, à Sainte-I{éIène-sur-Iqère, annoncent
la série noire de la montagne. Nous allons la suivre dans les
Préalpes, clu Yercors au Chatrlais, pour la reprendre dans la zone
cristalline et inLérieure de la ÀIaurienne, de la TarenLaise et ciu
Beaufortain, ct nous en évader par le seuil de Mégève, la combe de
Sallanches, pour tnir par Ie feu d'artifice de Chamonix, par orir nous
nous ménagerons un simple regard sur la Suisse.

2'

Les Préalpes.

a) Le Yeç,cors. Cc piateau ne s'est signalé que

par son priis-*ant enneigement
et un arrêt de cleux jortrs des commu_
nications sur la ligne de Saint-Nizier et les routes de.ses gorges
occidenlales. D'aillours, les plis en larges coupoles de la surface,
aux ltentes faibles eL bien peuplées, se prôten[ nral au jeu des
avalanches. R.ien non plus sur les flancs de I'escarpement orien[al,
en dcrhors de I'enflure des gouttières latérales de ja vallée mono_
clinale de la Grcsse. Le col de ta Croix*Haute fut bloqué
menf, par I'épaisseur des neiges, mais moins longuement "qimple_
que le
Dévoluy qui derneura huit jours isolé par suite de I'embouteillage
du col du Festre.

LES AYALA

b) La Charffeu;
formidables chu[et

qu'on ail relevées
plus pressés, les pt
denses et fort é1er
caution de se torri
boisécs.

c)

11

faut en di

laines, la corche r
en trois jours, bal

à ce jour (3 mars
partie haute et g
des bois et les ft
neigeux par d'inn
s'éparpiller" dans
sans même touchr

nlôme sur tous lt

llont

Sauge e[ à
bier, au Cbarhon
clusaz, dont i'esce
jeta jusqtte dans
1

Partout ce ful,

d,

de grande coulée.
alternènt avec les

qui ont sr-r résistr
n'cn aurait pas é
lan, en amont de

des culs-de-sac d

les nants d'Orger
la moindre ohute
de neige était

si

personne, jusqu'i

vaux et de Derui
d) Avec le Ge
latil.ude pltts se1
intervenlion cl c
lif, une pltts gr:

couchc y gagne (
toil.s ellondrés sr

au Nold, où la
!'averges môme

1

trois autres

au

Genevois, les hal

devant Ia menac
pas s'exposer à

{æ1"--

LES ..\YAL^NOFTES DE FIN DÉCEMBRE 1923
EN

SAVOIE.

I37

b) La Chartreltse ne se Tit pas mieux remarquer,
en dépit des
formidabres chutes a.ux abords âe .on c'uvent,
les'prrrs rÀn.làir"rrr.,
qu'on a'I re]evées à parei'e altitucie dans
res Arp,i-. r,* prir'yî"t
pl's pressés, les pentes plus fort,es, *ui, tri.r, gardées
par des futaies
denses el fort élevées, préscrvant les routes
à,accès d;i *t
caution de se lerrer ar,r fond des gorges re]ativement'traroes.i *U_
" ir.r,

bo i sées.

t

i;*

l

v.

c) rl faut en dire
,autant
la corrche

des Banges.'Dans re bassin de Lesohene dépassa guÈlre cele de chamhéry et fut
'aines,
a,ssitôt,
en trois jours, balayéc par les pluies. Elie persista
ei persiste nn.u".

à ce jour (B mars) dans. la-ptaine d,Ecolejtandis quË,
OC. ùls,'ro
partie haute et gazounée rles versants, ontru ta
timife
*peJ.L."
des bols et res faraises- carcalres, .'ooyuit
se créchircr son manteau
neigeux par d'innombrables avalanchËs de fond qui
toutes
s'éparpiller dans les taillis, sans arteinclre nure part
res '*ul"rrt
viilages,
sans même toucher aux chalets avertis et
bien abrités. rt en ruioe
même sur tous les sommets en bordure d, bassin
du Chéran : au
Mont Sauge eL à Galoppaz dominant puygros; au
Rossane_Colotn_
bier, au Charbon-Trélod; sur les flancs"#. et S. d,ArcatÀd,;U"_
dont l'escarpement en regard de Ia Combe d,, So;;i;'y;;o_
:ly.1r,
jeta
jusq.e dans res vignes du bas sa douzaine
de courées habitueres.
Par[out ce fut, dès le premier jour, ]a teinte demi_deuil
Jurî"",
de grande courée, oùr res taches so'rbr.es des niches
d,arrachement

alternènt a'ec res rambcaux minces ei, verticaux 0..
r*t.rïi;;;.,
qui ont su résis[er a,ux soi]icitations des ravines in[ermédiaires.
Il
n'en aurail. pas été dc même cies versants intérieurs
du Haut-c,héran, en arnont de Bellevaux, sur les flancs nus du
val des Arbets,
des culs-de-sac de la Lan.che et de l,Armenaz,
au Nant_Fourchu, sur
les nants d'Orgevai et.de t,IIaui_du_Four (lire l,Eau-d"_f,o""i,-oi,
la moindre ohute de neige niolle décranche là foirage. Mais
la couctre
de neige élait si forte er ie dangôr des avalanchessi menafu"i [uu
personne, jusq''ici, n,a osé encore s'aventurer
en amont de Beile_
vaux et de Derrière-Ilellevaux.
d) Avec le Geneuois et dès la cltise de Faverges, l,effet
de la
IatiLude prrrs septentrionale semble s'affirmer sots
i,espèc* à.,n.
intervenlion ct d'effeLs plus timidcs de Ia pluie
po,,,
tif, une pl's grande purvér.rence et mouriito deurr"r,
ra nlige. "o""Oio_
ooo, in
couche y gaqile en éprrisseur et en poids. De partout
on"signale des
toits effondrés sous l:r surcharge et, plus spécialement
veri l,Est et
at' Nord, oîr la piuie a faiblement atteinl, les avaranches fusent.
A
I'averges même, lrois.toitures, dont deux d,usines,
s,effonclrent;
{'rois autres a,u
du viilaret. sur res pentes méridionares clu
'illage de saint-Ferréol,
Genevois, les habitant,s
riverains du Haut,-d,Arcier.,
devant la menace des avaranches, évacuent leur derrieure
alin de ne
pas s'exposer à une catastrophe sembrable à
ceile d* 16 av'ir 1812,

r

i38

rf. Gtlx.

cir) une avalanche lialaya

tout entier lc villagc dc la Pattermerie 1,

cnsevelissant neuf personnes et t,out le bétai1. Lc hameau échangea
alors son nom contre cclui de I'Avalanchc.
Dans le Genevois inLérier-rr, la neige atteignail 0 m. 75 à Thônes;
1 m. 50 à la Clusaz et ari Grand-Bornand; 4. m.02 à Manigod;

I m. à Serraval, cL 4 m' 15 au Bouchet. On ne compte plu,s les
toitures écrasécs. A Thôncs, arix hameaux de'Ihtiy, de Glapigny et
cie la Cour, où1 deux fcmmes, occupécs à h:aire les vaches, furent,
surprises, dégagées à grand'peine, el, unc de leurs bêLes sur qrlittot'ze
resta ensevelie. Au col des Àravis, la tourmcnte de neige força
toules les port,es et fenêtres de l'hôtel, y occasionnant de graves
dégâts. Âu Bouchet, un habilant voulant décharger son toit y provoqila une minuscule avalanche qui faillit lui ôtre fatale. Les avalanches surviennent à trois reprises sur la loute e[, près du village

de Montremont; sur celle de Seiraval, oir I'une d'elles faillit surprendre ie coun'ier de Thôncs; aux Aravis-d'cn-bas à la Clusaz, oiL
rrne autre pénétra dans une maison et mcnaça d'en étouffer les
occupants; au Grand-Rornand, où elles obstruèrent, nombreuses, la
fissure des Elroits sur Ie Rorne; l,andis qu'Llne autre, aux Orseillères, dans la vallée du Chenaillon, écrasait, un bâliment inoccupé.
En deçà, le flanc mér'idional du Lachat, de plus en pius dénudé et
karstique, lâchriit, à une all,ibude de 1700 m. envirott, quatre coulées,
dont deux de poussière le 23 el deux autres le 28, de fond et pal
Lcmps doux et pluvieux, dans le nant de la Bosse et à la Combe.
EIles furent moins poussées et de moindre envergure qu'en I'hiver
19?2-23, rvoc dcs dégàts in*ignj llanls nl srns nuirc aur comnrrrnications. A l'W., la couverlure du Parmelan attencl les redoux du
printemps pour s'ébranler; ainsi qu'à l'extrême N.-E., par delà le
col de la Colombière, les flancs raides du Jallouvre et du Barg-v,
dont les coulées modesLes n'ont pas atteint le lahveg du Foron du
Reposoir, protégé contre les vents du S.-W. par I'écran du col; si
bien que ses 70 cm. de neige ont pa,ru Llne anomalic, mais parfailement inoffensive.
Le Bas-Faucigny n'a pas été autrement income) Faucirtnll.
aurait cédé sous la masse à Nlagland. La
modé. Un toit seulerrrent
I'alléc du Giffr:c, par contte, a pâti plus sévèrement. Tandis que
Saint-Jeoirc mesurail 1m. de neige, ellc al,lcignail I nr. 110 et à peine
plus à Sixt, donl 0 m. 60 tombés dans ia seule nuit du 22 au 23
el sans ptuie, par vent d'W., suivant l'axe de la valléc. < De mémoire
d'homme on n'avait vr.r tanl, de neige à la fois. On a dù découvrir'
nombre de toits. > Au 25 janvier, Ie tramr'vay Annemasse-Sanroëns
n'a plr clépasser encore I'aninges, en raison de ccrl.aines négli-

' II. \{ougin,

op. cit., p. 2.{{3, Ia situe à

la Patesserie et en date du lG février.

l-l'lS r\r.'-\Lr\i

gonces vigoureuset
cessé de circr,tlcr
ouverture, au Poin
chant boyau dont s
lés. Si bien que la

s

pas à vrai dire

b1

lurent rares el

dr

Verohaix, enrPorta
descendue clu Clic

à foin, et unc lr:oj
Sixt, entraîna une

[\

Chablais.

-

1

Chablais, maigr'é
Dans sa valiée la
une maison écrouN.-8., les trois Dt

1

1

quent Ia Progress
cn corrélation inv
lieu, elle n'a Pfls
1100 m. Dans la

(

I

0m.20et0m.8
cut soin de décl

défaillance. Pas d
des sommets. Par

26,les routes

el

communications t
Dans la Dranst
amont de -qaint-J
i. m. de neige, 2
jusqu'à environ
neige a Pu ouvri
e[ aveo 4'rt-I6 c
passage des traîn
t.er que ia voie

billons r de
Gets, le chasse-n
<<

t

Taninges d'tbort

miiitaire

Pour
déchargés, Y cor

Dans la vallée lc

les Prés de la

z

leur réserve de
X{anche. Cette I

souffrit aucun d
ou à la Moussii

----l

\

LIIS Ar.:Ar{}r-{tirrrs IIB FrN DÉCEMBIIE 1gZ3 EN

S.\\rotE.

l3g

gonces vigoureusement signalées. Le chasse*neige,
du moins, n,a
cessé de circlrrcr sllr ra ro.te en récruisant à cùaque
navette so'
ouverlure, au point de ne lui laisser que ies p"opo.tiorrs d,un
mé_
chant boyau dont s'accommocrèrent pu"fuit..nu.rt les traîneaux
attelés' si bien que la vailée et sixt même, en dehors du 28,
ne furent

pas à vrai dire bloq'és, ni re courrier intercepté. Les'avaianchcs
furent rares et de peu de conséquence : l,une aux Bouohards, à
Verchaix, enrporta un chalet et ses 50 quintaux de foin; ,.,rr"
u.'ri"",
descendue du Criou, à Samoëns, balava aussi cinq ou ,six granges
à foin, et unc troisième, dans le ( quarlier , du Fer_à_Clriuoï'0.

Sixl, entraîna une certaine quantité de bois.
f\ clt'ablais. - Eilcs n'ont rie'non plus q*i doive surprendre en
chablais, malgré
r'épaisseur de ra couche croissant u,r., I'uit,itrr,r..
Dans sa vallée ta plus oocidentale, au n{ezé de Mégevette,
o" .lÀpt.
une maison écrourée sous re poicis de Ia neige. En revanche, ,ru.,
t.
N.-E., les trois Dranses de Beilevaux, du Biot e[ d'Abondance
marquent la progression de |import.ance de Ia neige et de ses
méfaits,
cn corrélation inverse avec re relrait de ra pruie. A Belrevaux, chefIieu, elle n'a pas dépassé 0 m. B0 et 1 m. rb dans res hameaux ver.s
1100 m. Dans la soirée du 23, ra pluie avait réduit cette
couche à
0 m. 20 et 0 m. 80. II n'y eut aucun clégâi, car, par précaution, on
eul soin de décharger res toitures surchargées ou suspectes r.re
défaillance. Pas d'ava,ranche, hormis les foirages de ra zone gazonnée
des sommets. Par s.ite de la persistance de la tourmenta
J,rrq.r,u.,
26, les routes et Ie courrier furent interceptés deux jours.
Les

communications cnire viilages se trent aisément, mais en skis.
Dans la r)ranse d* Biot, les intempéries n'eurent d'âprer.é qu,en
amont de Saint-Jean-d'Aulph. Xforzine, à 960 m., urco*i O rn.'gO a
I m. de neige,2 m. aux villages les plus élevés; la pluie la suivit
jusqu'à environ 1800 m.; res Gets mes'raient t m. no. Le
ohasseneige a pu ouvrir la route de Thonon, mais à une faible ouvertule
et avec 14-16 chevallx en flèche. c,e fut juste suftsant pour Ie
passage des traîneaux; car Iautobus cle Thonon attenclit po.,"-re*orrter q'e la'oic fùt élargie à coups de peile et par rei convois de
< billons > de sapins, c'est-à-dire jusqu'au 1." février 1921r. Àux
Gets, le chas-qe-neige n'y fit rien, et ra peile des habitants. tout :
su.
Taninges tj'abord. jusqu'à Morzine ensuite, avec |aicie d'une équipe

militaire pour ce dernier tronçon. Les Loits furent pareitteLÀt
y cornpris ceux des charets qu'on dut atteindre en skis.

déchargés,

la vatlée longitudinare de Morzinc, ra neige n'a décollé que sur
les prés de la zone tnférieure aux bois, emportant les granges et
leur réserve dc foin au pran-Dezhor et aux Grands-pres oe ta
Manche. Celte zone, aux Gets, se confondan[ avec le tah,veg, n,y
s;ouffrit aucun dégât. Tout près de Saint-Jean_d,Aulph, au Champet
ou à la Moussière, un vieiilarcr vivant se'l est présumé engtouti
-Dans

"i:.

r
I

140

11. GEX.

sous une forte avalanche abatlue aux abords de sa maison. A Montriond, la direction de la vallée laLérale rlu Lac lui valut, semble-t-il,

un appréciable .qr.rpplément de précipitalions, jointe au déboisement,
des somnrets dès 1600 m., colnme au Nantaux, au Châlelard, au
Chavache, et à leur exposition aux vents humides du S.-W. Entre
les villages du débouché, les Granges et ie Crey, il y eut de puissantes avalancires demeurées sagement confinées dans leur c0ul0ir
habituel; deur autres encore entre Ie Crey et le Lavanchy du Nantaux, plus à I'Est, nrais qui, chassanl en ter,rain prohlbé, enlevèrent
environ 250 stères de bois, dont cert,aines pièces mesuraient de
0 m. 70 à 0 m. 80 de diamètre. C'est dire I'ampleur inusitée de oes
appareils. Le village du Lavanchy, menacé, fut alerté, gardé par des
veilleurs de nuit, en inst,ance d'évacuat,ion, tant qu'enfin, au cours
de janvier, le mant.eau supérieur, disloqué par pièces ou fixé par
le tassement dc la fusion solaire, eùt dissipé tout danger. Dans la
partie amont tje la vallée, entre Ie Lavanchy et le Dravachet, la
tourmente déchaîna cle tels tourbillons de neige folle qu'au mardi
15 janvier, les hornnres valides du village, ayant prolilé du beau
temps pour s'y rendre après 3 h. d'une ascension pénible, afin
d'en descendre ie foin de leurs granges, ne trouvèrent plus sur place
qu'un éparpillement indescriptible de leurs 2.4 chalets et de leur
contenu. Ils surprircnt même un gros arbre dér'aciné et emporté à
une forte distance pour venir s'abattre entre les deux derniers
villages, auprès d'une maison isolée et inhabitée dont les porl.es et
fenêtres ét,aienl brisées.
Les dégâl.s sont moindres sur la Dranse d'Abondance, bien que la
neige y ait eu une épaisseur sensiblement, équivalente : 0 m. B0 au
bourg d'Abondance, à 930 m.; I nr. au Plan de Charmy (1110 m.);
I m. 10 à la Chapelle, à {100 m.; 1m.40 à Châtel, à 1200 m., et
1 m. B0 aux Esserls, à 1200 m. également. Des skieurs en ont mesuré
de 4 à 5 m. dans la zone paslorale, or) les chalets disparalssaient,
introuvables et comme fondus sous un matelas de neige. La route
de Châtel à Abondance a dù être ouverte à ia pelle après trois jouns
d'isolement. Celle d'Abondance à Thonon a pu l'êLre par le chasseneige qui dut y passer cinq jouls de suite. L'aul.obus n'y fut arrêté
qtre les 111 et,25 décembre. Cclui d'Evian, par Feu-Courbe (Chevénoz),
Vinzier el Saint-Paul, le fut du 23 au 30, suppléé pendant ce temps
par celui clu Thonon-Bioge et Abondance.. L'isolement n'a donc duré
que deux jours pour Abondance. Cette quantité de neige n'a eu
d'inouï que sa préoocil,é, c'est-à*dire sa présence à la Noël, au lieu
de son apparition, habit,uelle en janvier-février. On a déchargé les
toits à Abondance et à Châtel quand la pluie est survenue. Une
avalanche nouvelle et formidable s'est, détachée le 28 du Jorat.
touf,e farcie de sapins entraînés, pour s'arrôter à 2 mètres de la
maisor dcs Calvières. Celle du Fayet a lnt.ercepté la route de Charmy,
sans plus.

LES .{\TAL/

Une dernière v
cluse comme les f

tation E.-\À/. et sor
sacs d'eau, tels c€
qu'une décharge r
demeura vierge d
moins préservée

è

de 6 pieds, écrar
rillage de I'église,

3" La zone crisl
Ie tableau dc ch
luxueusen'ient gar

forcée la barrièr
encore âvcc uÛ

a

a) De 1'Ori.ra'ns,
qui, dans la fissu
suspendu les cor
la ligne du tram

éIevant, vers Ie i
obstruant toul,es

b) La Llauri.ert
n'avoir pas conn
des régions plus
1e Bellachat eL
Savoie vil s'arr,

suspendues qu'e

Vorgcray de Ran
I'alpage des Mot
artilices du bas,

lumière,

cotnme

une usine de for

de Saint-George
coupée plusieur
neige, demeurée

interne de Belle
orienlales du

Gl

lernen.t, bombald
qui fut défoncé

toittre, força

cir

de Saint-Etienn
postal fut assurt
Nlaurienne ne

ft

LÈs .{\TALAN0HÈS DE !.IN DÉCEMBRI" 1923 EN

SAvoIE.

L4I

Une dernière valléc, la plus septentrionale et qui n'est plus en

cluse comme les Dranses, celle de l'iugine de Rernex, qaru rotr orientatlon E.-\lr. et son cirque de tête, à laDent-d'Oche, prédisposent aux
sacs d'eau, tels ceux de 181? et 1910, fameux entre touq ne reçut
qu'une décharge modeste de neigc, à peine 0 m. b0 au chef_lieu, el,
demeura vierge d'avalanche el autres incomrnodités. Elle avait été
moins préservée à la rni-avrir 178b qr-ri l'avait gratifiée d,une chutc
de 6 pieds, écrasant quatre enfants sous les loiLs effondrés iru
village dc l'église. (nrt. scrmet, d'après les Reglstres paroissia'x.)

3" La zone cristalline

et intérieure.

préalpes,

Jusqu'ici, dans les
le tableau de chasse est déjà fort -présentable, de plus en flus
luxueusement garni à mesure qu'on progresse vers l'E. et vers le N.:
forcée la barrière des rnassifs cenfraux, il deviendra plus loultu
encore a\rcc un

air tout, simplernenI lugtrbre.

a) De I'Ori,sans, il ne nous est païvenu que le fait de l,avalanche
qui, dans la fissu'e de la Romanche entre Livet eL Rochetaiilée, a
suspendu les communications et nécessité des transborclement.s sur
la ligne du tram-uvay; puis celui des chutes presque qr-rotidiennes
élevant, vers ic 30, la oouchc à 0 m. 75 à Bourg, 1 m. l0 à Auris,
obst,ruant toules les routes.
b) La Mau,riei?rz,e, selon la règle, dut à sa séoheresse relalive cle
n'avoir pas connu ni la quantité excessive ni I'ampleur des clégâts
des régions plus au N. et à I'W. Ainsi I'immense cirque formé par
le Beliachat et le Grand-Arc à son débouché crans ra c,ombe cie
savoie vit s'arrêler totites ses coulées sur le paiier cles vallées
suspendues qu'entaillent ies torrents d'Epierre, Argentine et le
Vorgeray de Randens. Sur ce dernier cependant, la massc par[ie de
I'alpage des Mouilles tarit passagèrement re débit anirn'teur de,s
artifices du bas, envahit la chambre d'eau de I'usino génératrice rJc
lumière, comme à Montsapey fut arêtée dans les mômes conditioirs
une usine de force. Sur'la rive gauche dc l'Arc, vers le Grand_Nanl
de Saint-Georges-d'HurLières, la route d'Epierre à Aiguebetle fut,
coupée plusieurs jours par un éboulement. Dans les Villards, ia
neige, demeurée particulièrement, sèche et pouclreuse sur le versant
interne de Belledonne, ne put demeurer accrochée sur les pentes
orien[ales du G]e).zin. Le chef-lieu de Saint-Cotomban tut tittéra_
lemenl, Liombardé dc ses irruplio's, el spéci:tlcment le presbytère
qui fut défoncé et l'église oùr I'avalanohe efTondra une partie de la
toittrre, força cinq grandcs fenêtros et envahit toute Ia nef. La route
de Saint-Etienne ne put être ouverl,e qu'à la pelle et le courrier
postal fut assuré par des piétons seulement au 1"" janvier. La Basse_
l,Iaurienne ne fut pas autrernent éprouvée jusqu'à Saint-Jean, or) la

i-

I42

I..

LES ,\\JALA.

GEX.

neige mesurait 0 nt. 70, et 0 n'r, B0 à Saint,-NIichel, toule sèche et
sans pluie avant le 26.
À Saint-Jean-d'Arves, u bicn abriLé par le Corbier et le Charvin,
l'hisl,oire de la tempête ne viLul, pas la peine d,être coûtée,r. EIle
n'y accumulait que de 0 m.60 à 0 m.80 de neige le 23; elle atteignait 1 nr. 50 à Saint-Sorlin le 30. Les l.oits défailtanLs seuls éLaient
déchargés, car I'épidémie dcs incondies du siècle dernier a invité les
gens à oonslruile plus solidernent. Sur la route de Sainl.-Jean, Ies
communications furent aussitôt, rouvertes par les gcns à ia pellc cl

à la h'erse, du moins jusqu'à la Combe Genin, au kil. 13, oùr la
moindlo chul,e de treige ct:aclre son avalanche ol. coupe la route.
Ailleurs, ce ne sont que coulées in,signilianl,es soigneusentenl gardér:s
par lcs ravins schisteux el, dénudés. Néanmoins la poste nc rcmontait, en t,raîneau, qu'au 1"" janvier, landis que, dès le 27, les gens
avaienl repris a\.ec leurs veaux la rouLe du rnarché de SaintJean. Il n'y eut donc pas d'isolenent. Seules Ies fêtes de Noël furent
compromises. Dè,s lc 26 les relations reprenaient avcc Saint-Soriin,
où ure seule avalanche, sur la route de la Croix-d,e-Fer, emportait
trois chalcl,s au Cuferant. Le col lui-même aurait mesuré 3 m. de
neige, et c'est sa brèche, jointe à celle du Glandon au N.-W., qul
aurait valu à Saint-Sorlin son appréciablc supplément d,enneigernenL, sans qu'ii ail sou{Tert davant,age de f isolernenl,, car les gens
avertis font en automne toul,cs les provision.s de I'hivcr, comme ils
font, tout aussi volontiers ler-rr deuil des hirbituelles interruplions
du courr:ier.
Que voilà bier.,, [out, de urêntc, un :rvanl-goùt des brulalités de la
< tempêle D vers I'antont ! Eltes sont {ort heureuscment circonscrites entre le Pas-du-Roc ct llodane. Plus h:rut., nous rentrons
dans la noirrne. lfans le ltas, ia ligne de Nlodane esl ooupée par 1cs
avalanches là ou on esl ell droit de s'y attendre, tlans le sombre
défilé honillel cntre Saint-Nllchel et la Praz, lc 23,le 28 par L1n
éboulenrent qui oblige à déLourner Lous les express sur Lyon e[
VinLimille. Sur ia rive r,lroite, au Thyl, une avalanche balaye, au
Bois-Dessus, sa chapelle, une grange et une maison inhabilée, sans
plus : on ne le sut que six jours après. Urre autrc, à Fr:tncin (Orelle),
écrasir une petite él.able avec un àne ct trois nrorrlons. Plus hcut, à
N.-D.-du-Villard (Saint-André), lcs rtaisons ful,enl, bloquées jusqu'à
la hauteur des fcnôtres du 1"' ét,age, el, au 11 janvier le facteur
n'avait pas rcparu encore dcituls le 22 décembre. Sur la live droite,
à Yalmeinier, un jeune honrrne cl, une vache furcnt tués.
I)ans le bassin suspendu de Valloire, I'épaisseur maxirna fut de
{ m. 20 au chef'lieu; elle ne car.lsa pas d'autre dégât que ceux
d'une avalanche nouvelle
qui, parl,ic
depuis cent àns au nroins
- à Poingl de sous le coi des NIas à l'\V.,
vint, renvor.ser tlue nltison
Ilavier, 1600 m., eL y écraser deux bêLes. Sur la rive gauohe de ia
Yalloirette, ilrrlr aulrr,s avalancl'res, dcs hahiluées, cnclicirèrent, snns

nral lc village de
jours, grâce aux I
ouver'te, à la peil
I'énormité el la so

du

chasso-neige

e

moins par' lraînea
Nous connaissor

200 chassours drr '
e[ ies trains de rna
50 m. de large el I
Irrémont. Dans ie

jours durant deur
l-rois. Au Bourget,
jusqu'à 1'Aro; celi

csl, vcnLrc nrenac(
sévère d:rns le r cr
ntrire d'Aussois qu
Dans ltr Flaute-l
les congèr'cs amass
rnoins dans ses vill
abritées cont,r'e le
ct lc velrou de 1'l
ce ful ici le crl gr
aggravé par la pcr

I

ne fit qu'unc cou
curent le scirt que
aériens de l'irsine
dc huit jours. L',

le 22 au soir à la r
Srlon la vallée sus

suspendu du 22 ar

à Ia hclse unc r
d'avalanche, pas

Elles n'apparaisse
neiges, comme

ce

rcconnaissal:le an
neige; commc cel
scs mirfaits quc lc
coula eûtre li[ c]l
Ia Chalp, Iarge cle

maisons, sauf qur

A Bonneval,
surplisc,

at

closcendi

nrcnle se fil, infen
La,

phrparl des

I'e

rnenaqanl d'cnglo

LES A\.'AL.\NCIiES DE FIN DÉCEMBRE TC:8
E).{

SAVOIE. L4:}
mal le village de la Rivine. Le courrier n,avait chômé
que .cleux
-de
jours,. grâce aux raquettes, mais
la route
Sain[_Michel n,était
ouverte, à la pelle, que le g janvier. Ici, comme
ailleurs, c,est
l'énormit.é uu
el r@
la ôuuudrueLe
soudaineté ue
de ra
fa cnute
cf,uià qur
qJ avaient interdit
i
l,usage
du chasse-neige el différé le rétablissement Oe la
circ.lai,inn au
circulation,
c,,
moins par
lraîneau.

Nous connaissons les avatars do la, gar,e de Modane.
It fallul
200 chasseurs du 7. B. C. p. pour en déb-loquer
les voies de garage
et les trains de'rarohandises; ies môni,es qrii aidèrent
a.o"Ë"-..,"
50 m. dc large et 12 d,épaisseur l,avalanchà q'i
obstruaif fuii*rr. a
Prémont. Dan-q le bassin du Charmaix, la neige
embouteilla deux
jours durant deux ouvriers qui y éraient
alrés à ra provision de
bois' Au Bourget, I'avalanche de sainte-Appolronie est
descendue
jusqu'à I'A'c; cete de saint-Benoît, également
sur Ia rive droite.
cst venuc menaccr Àvrieux. La tour,oente fur; par.ticulièr;;;nt
sévère dans re verrou de l'Esseiton où ere surprit
un permissionnaire d'Aussois clr'on dut dégager à demi geté.

Dans la lJaute-Maurienne, la couche aLtàignait I m.,
Z même sur
les congères amassées par le vent; I m. b0 à Bessans
et, sensiblement
moins dans -.es viilages des valrées latérates du Ribon
et de i,avirore,
abrilées contre Ie s.-w.; 1 m. B0 à Bonnevar et 3 m.
sur res hauteurs

et le verro. de |Ecot,. cette épairsseur n'avait rlen d,anormal.
Mais
ce fut ici le eri général du: u jamais tant vu à la
fois ni si tôil ,r,
aggravé par la persist,a'ce d'une lourmenle cle huit
à onze,lours-qui
ne lit qu'une courte relâche le matin du 24. Les commuïicatiÀs
curent le sort que I'on pense. La tempête ayant renversé les
câbtes
aériens de I'usine de saint.-Goba,in, ôe fut une panne d'érectrici.té
de huit, ,iours. L'électrobus rle nfodane-r,ansreboùrg restail rlroquo
le 22 au soir à la monlée du Barrioz, escaladant au-cressus
de TerÂignon la vallée suspendue de Lansrebourg. Ici même rc
courrier fut
sûspendu du 22 au 27 er les mur,e[s eurent

peine inflnie à t,racer
'ne
méchante piste pour tralneaux.
par contrc, pas
d'avalanche, pas mêrne au Mont Cenis, ntalgré ses 3
O. ..ig..
Elles n'apparaissent et ne scront, bien observées qu'à -.
-cle ra fonte des
neiges, comme celle de la Ferré, en amont clu col
Ia Madeieine,
reconnaissablc aux débris de chalets éparpillés et fondus dans
la
neige; commc celre du chardonnet à Lans-le-vrilard, qui ne révéla
scs méfaits q'e le 29 janvier, soit deux charets emporté-s. une
autre
couia entre la chapelle saint-Jean-Baptiste et te vieux chemin de
la chalp, large de 800 m. srir 5 à r0 ci'épai'sseur. pas de dégàts aux
maisons, sauf quelques mètres carrés de lauzes arrachées.
A Bonneval, au début Lle Ia chute, une prcmière avalanche, de
surprise, descendait re 22 au soir de la pointe des Roches. La tÉurnrcnte se fit infernale dès Ie 24, nivelant 1,o'tes res pistes, aveuglant
la pluparl des fenêLrcs dcs miLisons, il'aiileurs à àenri terréels, et
menaçant d'engl0r-rlir les hommes qui allaient puiser oe t'eau
a

à la herse une

rI

L41t

t'.

I'Arc pour le bétaii. lrers la Iln d.e décenbre, de hardis skieurs
purent, comme les Bessanais, aller quérir à Lanslebourq quelques
provisions des plus indispensables. Vers le môme temps, deux permissionnaires de 1\oë1, venant, cl'Annccy, mais bloqués à Bessans,
navrés de passer leur permission sans pouvoir atteindre leur famille,
se risquèrent i\ forcer en skis la gorge, si rcdotitable pour scs
uvalunchr.s, qui sépare Ilpssans de Bonneval. C'csl cr'prssage darrgLlleux entre tous qui inlligc:r à Bonneval 11 jouls d'isolement.
C'es[ là, en effet, que les flancs du plateau d'Andagne, sur Ia rive
gauche, décochèrent, presque sans solution de conl,inuité et sur
2 kil., une véritable pluie d'avalanches, dont ies cônes mesuraient
cr moyenne 200 m. X 3, oontre 300 X 150 x 1.2 à celle des Roches,
en face. La Grand,e-Seiche envo;'a Ia sienne, plus menue, tout près
du villrge: cntjn cpllc dcs Lauzcs venait traverser l'Arc nnlre Bonnevai et I'Ecot. Les pot'eaux télégraphiques en firent tous les frais.
c) Taren,ta'ise.
Ils dev:rient présenter un passif plus impression- La basse vallée obsen':r son parallélisrle habituel
nant cn '-['arcnLaise.
prar rapporl à la llasse-ltarir:ienne. A Tours, I'avalanche du GrandRuisseau, dévalant du ùlirantin, dépassa à peine l'éperon de Ia chapel1e Saint-Clément, juste assez cependant pour menacer et faire
évacuer Ie vill:rge des Conlamines, priver d'eau et cl'électricité le cheflieu eI ses artil]ces. Ccllc du Nant-Yarin ne bougea pointl" Et oe I'ut,
tout, jusqu'en arnont, des Détroits de Sieix. Après I'av:rlanche de Pombhèr'e, qui alr'ô1,a 3li. durant la circulation sur la lignc de MoûliersJ3ourg, Nlonl,girod s'offrait aussitôt pour préluder à la série des
nraiheurs ré-qervés à la }tloyenne-Tarentaise. Le dimanche 23, à I7 h.,
une avalanche détachée vcrs 1600 m., du flano S. tlu Quermoz, lit
irruption sur Ie villagc du chef-lieu, y bouscuia sept maisons, dont
quaLre furent complètemenL rasées. Le bétail pt les récolles frtrelt
pcrdus. Des secours lrrmédiats permircnt de dégagcr aussilôt lcs
Irersonnes entraînées, dont neuf grièvernent blessées. Un peu ltlus

en arlonl et, t,oujours sur la rive dloite, au clclà de Villelte, 1e
même jour à rnidi, une avalanche pa,rlie de lir Rare-Crôtière du
Perl,huis déLruisait aussi brulalen'ienl trois nraisons, blossiiit dcux
de lcurs occupants et tuait, tlois vaches el un polc à la lfhuile,
hamcau de Glanier. Le rcvers, épargné par sa froidure et ses bois,
n'eut que des tolLures effondrées, spé0ialement à N.-D.-dri-Pré.
La région de llourg-Saint-Xfaurice eL Séez en compte une grosse
douzaine par une neige lre-quranl 1 m. 10 dans la, pirrine et jusqu'à
6 m. au col du PL.tlt-Saint-trJcrnlrii. llnc petite avalanche, ou simplo
congùre, vint errsevelir deux ménages aux Eohines-I)essus, sans pt'é-

1 It-. Gex, I-es avalanches de

LES

GEX.

l'hiver 7922-23 en Savoie (loc. cit., p.507.5O9).

^I\VAI

judice pour les c
lenient permettri
ment sévères dar
de Verso;'e, à

1

1'adjoint spéciai

I

qr-ri conduit au

c

déclancha sur le
tlavailleurs furet
joint y trouva

1r

aYcc de graves b
sièrc, provoiluée

du Versoyen

ave

village de Yersoy
Dans le val d
pentes s'agrémel

{5 avalanches jur
2 m. 30 de neig'r
scr1lc, l'àvalanch(
illustréc dé,ià pa

viilage le {2 févr
un.o scierie ct eû

vrrrx de défense
dc faire pire. Au
le courrier inter

ica.t,ions entre
10 janvier, et la
Nolre correspont
a, Yu d'âut,res, c(
n

traordinaire,

de

Tarentaisc ,. Ce
son bon mètre d

1m.{0et,lel
Tous lcs villages

corlrrier. Quant
n'a souffert de ir
même itinéraire

fils aériens et

rie

meni construits,
Ics allégcr. Car

e

les diables él,air

dans I'ordre tti le
nrais en skis et

'

lloLrgin, op.

ciT

LEs AVALANcTTES DE F,rN DÉoEI{BRE {g2B

j'dice pour

rN

sAvorn.

l.4b

res charets emportés en montagne, ou re printenrps
seu-

lement permettra d'évaluer t'étendue des dégàts.
Irs furenr autre_
ment sévères dans la gorge latérale du Versoyen,
au hameau même
de Yersoye, à 12r00 m. Ilne équipe de volontaires,
dirigée par
I'adjoint, spécial de cette secrion àu Bourg, voulut
ouvrir
re chemin
qui conduit' au ohef-lieu. Au cours cles iravaux,
une avalanche se
déclancha sur les flancs dénudés du versant droit.
f,u pi"purt 0.,
t.availleurs furent entraînés sur un parcours de r50
joint y troLrva Ia mort et un de..À ro*pugnons à 200 m. L,adput être dégagé
avec de graves bress,res. peu après, une iutre
avaianche o. firr.s,ière,, provoquée peut-être par la première,
s,abimait Oans ta iorge
du versoyen aveo un déplacement d'air tel que toutes
les virres du

village de Yersoye en furent brisées.
Dans re val de 'rignes, de la Thuire en amont, Ia
raideur
pentes

des

s'agrémenta du cortège habituel clcs grandes chutes
: r0 à
15 avaranches jusqu'à ra
de Tignes dont re bassin po"tuit
2 m. 30 de neige, 4 m. -chaudanne
là oir la tourmente l,avait accumulée. Une
seule, I'avalanche du Dôme de ra sache, projetée
sur les B"é"iè;;s;

iilustrée déjà par ses neuf victimes ct ùs iavagÀ..p.re-.'à.T,
r.
viilage le t2 février tgBll 1,_y commit quelques Oegats à.r.n..ut.nrrt
une scierie et encombrant ra route sur un pelir parcours.
L'es"travaux de défense édiirés après la reçon de r8gl rravaient
empêchée
de faire pire. au reste, toutes res iignes aériennes
furent
le coumier interrompu jusqu,au 1"" janvier; de même lessoufflées;
commu_
nications entre villages, eb Ia route chi Bourg, interdite
;rr.qrr;n.,
10 janvier, et la tumière électrique interceptéJpendant.dql;;r..
Itiotre correspondant de vat-d'rsère, M. plaàent, un ,nooeste'qui
en
a vu d'autres, constate que chez lui, < ir ne s'est rien passé'd'extraordinaire, de comparable même aux ravages de la Movenne_
Tarentaise r. cependant ra plaine de ra vai ariait oÈjJ
a"*ilï'zz

son bon mètrei de neige. Le 23

la gratilia cl,un peiit

àupplé_.ni d.
I m. t0 el le 11 janvier c'élait une respectubl. ro.rrh.
de 4 in.
Tous les

villages sont restés isolés du zz ai zs: naturellement aucun
courrier. Quant aux pr.visions, elles ie font en automne; parror,rru
n'a souffert de ra faim. Les avalanches ont fusé part,o't, sùivant
re

même itinéraire que *erles de l'hiver tgzz-z\. seùls res poteaux
des
fi1s aériens et de la rumière érecrrique en pâtirent. r,es
tàits, ,oiiÀ.ment oonstruits, ont bien résisté; d'ailteurs la tempêt.e se cirarge
de
les alléger. car elle

fut parLiculièrement atroce du 23 au 2b : r tous
les diables étaient déchaînésl,r. Au 1t janvier, tour est rentré
dans I'ordre r:t res communications redevenues normares
avec Tignes,
nrais en skis et sur un mâteras glaoé de B m. de neige. on
"eo"oute

'

llongin, op. ci,t., p. 254.

r
146

r.

cux.

bien davantage la gadoue et les foirages du clégcl en mars ct avril.
La vallée du Doron de Bozel, ouverle au travers do la mônre zone
houitlère, partagca le sort de la lloyenne-'fiLrcntaisc. A Saint-Jeande-Belleville, oir la ncige élait de 1m.30 au chef-lieu et 2 m.
au Villaret, à 1330 m., apportée successivcrtrcnt, par les vents du
N.-E., N. et N.-W., plécédés d'un épais brorrillard, on coltlpta cinq
avalanclies de poussière, dont quatre dcscendues de Crèvc-I.ête

deux face à Saint-Jean:

:

la troisième, une nouvelle, à la Villette

au-dessous dc Novaila,v; la quatrièmc, annuclle, au fond du NantNoir, entre Saint-Jean et Villarly, el, la cinquir'rme s'interposani, entre

Saint-Jcan eL

le Villard. Les

dégâts sont insigniliants;

la

postc,

arrêt,ée du 22 au 27, a foncl,ionné en traîneau le 29.
De Chanrpagnv à Bozel, ce ne fut que le 11r janvier, car dès

lc 1",
le facteur ne pouvaiL escalader qu'à de rares intervalies, non pas
la roule, mais le raidillon casse-cou que s'é{,aient ménagé les ouvriers travaillanL au Villard de Planay. Les hameaux domin:rnl, ie
chef-licu avaienl,2 nr. dc neige. Lcs avalan.ches, très nombrcuses sur
la route de Bozel eL vers I'amont, se conl.entaient, d'obstruer le
passage el, dc disloquel ct, lordre les parapcts en fer. Les cornrnLrnications aveo Chamltagny-le-Haut n'ont pu s'él,ablir que le 28 et
en skis. Les avalanches nc s'y compl.ent plus: I'une, au Plan-dcsl\{ains, avant I'entrée des gorges, a balayé deux gr:rnges et pénélré
dans une maison inhtrbitée. A Saint-Clair, en amont, une autre,
descendue de Froide-Foniaine, a éperonné quelques écuries et malrurené chcz lui un r.icillarr,l. Une dcuxième, projcl.ée le 30 du RocRouge, a endon]tragé ltr partie Il. du village du Bois. Le village cle
Ii'riburgc, en{in, n'a pas soullelL, bien qu'cncadré ct ionglemps emprisonné par d'innontbrables coulées sur les deux versants du Dororr.
A Pralognan, Ies chutes presque ininterrompues donnaient au
4 janvier une couclie de 2 rn. pal venL du N., puis de 1'W. Des
granges ployaient sous la cirarge à Beauregard et à 1a Croix; partout
ailietrrs les lojts étaienl. déchargés par précauLion, vu la fragilité de
leurs ancelles. Sur les flancs rie la u cuve )) de Pralognan, on a
compté au moins neuf avaltrnches survenucs le 23 pour Ia pluparl
celle de Beauregard, vcntrnt de la Dcnt de la Por.letta, avec une aile
poussée en direcl,ion du Plan; cclle du I3ochor, descenr-lue à travers
bois sur les Bieux, inobselvée dcpuis au moins 200 ans; une atitre
encore clu Bochor sur I'aile S.-E. des Ilieux; une quaLrièrnc à
travcrs la forêt de la Rossa jusqu'à Bcauregard; une cinquièmc
de Léchaud et, du Creux-Noir à lravers bojs sur le village dcs Gralges; une sixième dr-r Bochor sur Ie village de l'égllse; une septièlte
d'entre 1e Fond de Ia Giière et le Bochor sur les !'ontanettes, chemin
de ia Vanoise; plusieurs auhes enIin, et soLlvent canalisées da.ns lc
même oouloir, ont décollé de la gorge de l'Arselin et des flancs N. du
Grand-Marchet. Au village de l'églisc, une grange a été éventrée,
lc jardin du presbytère envahi et son mur de clôture bousculé; urre
:

LES AYA.

glange

I€IIVeISér

él.ablc;s démolies
écrasécs aux For
de bétail, en rair

forêtq des Flottc
harrage devant l
prélever lcur pat
normal, par traîr
en raison dc la

skis même furet

belle lcvanche d
certains guides
la Vanoise par s
lebourg, Ronner

Palel eb Champt
la belle saison.
Bozel et ses r
bonheur que le
cnvi er.

d) Beaufortai,
X{.irantin et du (
ment de la tem
rien pour i'étayr

le23à15h.,a

du canton des S
geLLes Line mais

clu Yillard-stti'-l
du Couerl vers

50XBbX4,atr
l'une ne fut qu
trois personnes

trln amonl, da

avait bcau teml
fois. les arrhir-r

de la communt

rnépris des inh

boys comnLuns
cause des lat'ar

Dc même, < a
chemin de I'es;
de 2 h. et ]e lit
périls en tcmltt

la chapelle de
el encor
riage r (6 avrl

fesl,es,

I
B
"l
i,,

LES AYALANCFIES DE FIN DÉ0ENIBRE 1923 EN

SA\T0ID.

L47

grange rcnversée à Beauregar:d; aux Bieux, cinq grangcs el trois
ét,ables dénrolie-q, un bûchr:r décapité; une nraison-et dépendances
écrasi:es aux Fonl.anettes, ctc. Le lout sans accirJcnt de personne, ni
de bétail, en raison des sccours immédiat,s. on a remarqué que les

forêtc des Floltes of dc la Rossa n'a'aicnt nulle parl ralt r.rfhce de
htirage devanI I'irrrlitrluosilé dcs l,r.on'ihcs pouclreuses qtri surent y
frrillrnp llrrr lrjrrl d'rlrlili.. L;r 1,6.re crrônrr rlu p2 lu 2i nr']e sorvicc
normal, par traîneau, nc.eprit q.c lc B ja*vier. Les premiers jours,
en raison clc la tou.rcnlc trt l.ant que la neige clemeura folie. ies
-qkis même furent inutilisable,q. r,eurs rervents suronL prendrrr une
bollc levanche dans ia sriite. on a renrarqué ies raids auclacietrx de
ccllains guides qui, en février, parvinrent à doubler le massif de
la \ranoise par sor ool, celui ric Leysse, voire par Tcr.nrignon, Lans_
lebourg, Ronneval, I'Iseran, avec relour par le lac cle Tignes, le
Palet et champag'ny : une prouesse à refroidir res prus vailants à
Ia belle saison.
Rozel et ses vailées latérales au S. n'ont rien eu à signaler: un
bonheur que Ie Blraufortain devait avoir bien cles raisons de leur.
cnvicr.

d) Beauf orLaiiz.
La r.reige folre, asséchée par'-tress.s Iarêre du
Mirant'in et du Grand-lrrr*1,
puis alourdie en surfacc par. lc rclèvenient de la ternpéralule, ne t,inl, pas en pracc là oir elle ne Lrouv:i
rien po'r l'élayer. Prr:ssue dès I'entrée tl. val Saint_\,Iaxime, eueige,
le 23 à {5 h., avait sa co'lée, parlie ver:s 1400't. en plcine forêt,
du can[on des Saisies, cntr.aînant quanLil.é d,ar.bres, puis aux Croé_

get,tes une maison d'halrital-ion prudemment évtrcuée la vcille. celle
clu \iillard-sur,-Doron, de môme nat*re, dcsccndit, de 11100 à ?00 nr.,

du couert ver:s le hameau de ra pltrce orl eile poussait un cône de
50 X 85 X 4, après avoir balayé un grenier et l.rois maisons, dont
I'une ne fut que décapitée de sa crra'pente. sans faire de mal aux
trois pcrsonnes el aux huit vachcs qui habitaicnt le dessous.
l)n amonl, da's les trois vailées clri s'abo.chent à Beaufor:t, il y
avait beau temps que les avaianches se falsaicnl discrrltes. Toutcfois. les arlhiYes le sont moins. En 1703, on surprend une requôte
clo la cor'munauté dc Beaufort < oonLre res particulin". qui n.,
des inhybitions du juge, s'ingèrenl d'alrer .ouper dins res
''répris
bo-vs
cotnrrLun.s rlud. mandetlenl, lesquels ont esté conservés tant à
cause des lat,anches que incendies el, refacture des bastiments ,,,
De ntême, < au lieu d'Harcsche, estanl, eslogn.és d'une hctrre de
chemin de I'esglize parrocriiale er, res plus esiognés dud. quartier
de 2 h. e1, le licu subject à'q'antité de neigits, glaces, Iaueicltes eL
pérlls en 1enr1r,< d'lryvers >, Ies habitants oblicnnenl une messe en
la chapelle de Sai'1.-Jean-Raptlste, à Àrêches, < les dimanches et
fesles, el encord d'y faire enseverir res defuncts et contracter mariage > (6 avril 1679). En1in ceux d'I{auteluce, en 1728, recourent

r

F" GEX.

148

porlr obtenir une troisième messe dominicale, < disan[ que leur
laroisse seroit situéc dans un cndroit, dcs plus élcvés... oir il tombc
des B el, 9 picds de ncige... D 1. Les lavanches onl donc joué un
cerLain rôle dans l'orgrnisation plLloissiale de ces deux dépendances
dc lleaufort. En toul, cls, si ce considérant a élé pour iors invoqué
el quelque peu poussé, 1l ne par:rîtlail, certes pas exagéré après les
événements dt-t ?3 décembre 1923.

Arêches n'a pas éLé éprouvé; rnais à propos du Doron de Roselc brigadier forcstirrr u apprcnait seulement lc 25 à 14 h.
qu'une avallnche par'lie dcs Lanches de lleauhois, sur la rive gauchc du cor-rde du torrenL rrxposéc à I'W., avait cmporlé deux maisons
d'habitation oùr i1 doit .v avoir les deux fan-rillcs (NIo11iel.-TéLuet eI
Dunoyer) presque anriantics. L'on parle de huil à dix nrorts. Bcaufort esL dans la conslernation, vu qu'il est très clangereux de franchir les gorges du Doron ce soir. La calaslrophe a dù se produire déjà
dimanche 23 vers {5 h., el il a été impossible aux survivants de
venir en aviser avant, aujourd'hui ,r. La vue du iicu, le 30, permit,
de conslater que la urasse, décollée vers 1500 nr., n'était qu'une
trvalanche dc poussièrc el, superïicielle, qui avail en.levé une épaisseur d'un mèlre sur les deux de la couche, donc à c:rtlses purement
rriécaniqucs: Ia folte pent,e et la dénudation d'un vaste couloir large
de 60 m., appelé le Grand-Nanl, el. s'éLen.danl. sur 500 m. jusqu'au
Doron, incapable, au surph,rs, de reLenir un.e tellc abondance de neige
poudreuse. ,, Jadi-q, il étai1, paraiL-il, boisé d'aunes, rasés depuis par
la desccntc dcs bois cxploilés cn affouagc ou en adjudication. r En
l.oul cas, rasi:es aussi furenb les deux maisons, et des treize perslrirlics cngloutics on n'cn put sauvcr que quatlc, donl l'une rlevait
1end,

mourir deux ,jours plus tard en lraitenrent à lleauforl: soit dix
la même falnille ÀIollicl, y compris le flls
aîné, perrnissionnaire. Sur vingt, vachcs cntraînées, quatre furent
retirées vir.antes. La forêl, aux abords demeura intacte; le Doron
fut barré pendant 2 h. eL la route de Roselend l'était enoore le

vict,irnes, dont sept dans

7 janvier.

Au hameau de Ladray, sur I'Argentine, une autre avalanche
à foin. À Hautelrrce, celle du Lécheru, aux
Lanctrcs de Bcjlcville, à 1600 m., poussail un cône de 100 x zr00 x 6
balayait, une grange

au Planay, après avoir détruit une maison
eL coûlé ia vie à un homme et deux vaches, lc 23 à {5 h. Le même
jour, à 1B h., à Ilauteluce encore et de ce même massif, une avalanche de fond entraînait, dans son cône de 100 X 15t-) X 8, six grangcs
el écuries, étouffanl lrois brebis, mais s:rns accident dc personne.
Tous ces rnalheurs et la crainte de nouvelles avalanches par un

sur

la, rout.e d'Haulelrrce

LES A\IA

te:rrps ledevenu

rier

remonta d',
23 janvier, aprè

e) Su"r le Hau
ie Yal-d'Arly su
I'cfÏet de l'orien
son él,ranglemer

froide el, conder
de celle du NIc
t-i] dès lo 23 ut
nos nrontagnard
pour les avalen,

nouvelle venue
point que toris
irhes >. Ce jour-

d'Héry-sur-Ugit
1i m. vers {5û0
)' fut, général e

Fir-rn. Dès Ie 22
force de Flume
e[ se réfugier c

ayanl voulu fra

plojetés dans
gr'àce aux sccor

1

clans

la journér

indemne et put

r:t privé de tou
Seui le chassc.
jusqu'à lril le
Ia rotrle cle-q go

vier.

X{égève a'

à1m.50etPi
le chasse*neigt
t,ives, et chaqr

18 chevaux. Or

gnait Comblou.
cn{in la voie à
la Noël à Mégè
de neigc à la

vieillard de

Ici, la

90

Gran

flanc S.-8., Pat
{843, avail éc
1 Archives communales Savoie

(8, suppl., 627, 871 et 962).

reprendre sa I
rnalin du 23, s

LES ÀYALANOI{ES DE T,IN DÉCEMBRF' Lg23 EN

SAvoIE.

L4D

temps .edevenu pruvie'x paralysèrent les comm'nications. Le
cour,rier remonta d'Àlbertvilre re 27, mais |autobus ne reparut que
te
23 janvier, après JB jours d'interuuption.

e) sn'r Ie Haut-arly.
ce nécrologe ailait s'enrichir encore dans
Ie Val-d'Arly supérieur,- si protiig.e de neiges comûie de pluies par
l'cffet de I'orientation en prein s.-w. de ce coin du sillon arpin, de
son élranglement, du relèvcment de son alt,itude et de t'ambianoe
froide et condensa,f.rice de la brèche des Aravis au lrr., plus encore

de. celle du ùIont-Blanc tout prochè. aussi ie couroir
entonna-[ue
t-ii dès le 23 une belrc quanbité de cetLe neige foile o'anoro
*

nos montagnards connaissent bien et, qu'irs redoutent enrre touîes
pour les avalanches,, el, qui, au 28, s'était plus que doublée d,une
nouvelle venue ( prus rourde et humide, tombée iur la foile, à tel
point que lous les habit,ants exposés s'al[cndaient à des caiastrophes >. Ce.iour-là, en effet, elle était monl,ée à I m.60 au
chef_lieu
d'Héry-sur-Ugine, à 9ZB m.; à celui de la Giettaz, IIIB m., à 2 rrr.,
4 m. vers 1b00 m. Les pçorges de I'Arly en furent gavées; té foirage
y fut général et serré, notamment entre res Métra-ux et re pont
du
Flon. Dès le 22 tnt soir, un autom,obilistc, voulant s,évader à toute
force de Flumet, duI aba'cionneï sa voiture sous re premier tunnel
el se réfugier comrre ir put jusqu'à Fron. Le 28, cr,eux jeunes gens
ayant voulu franchir les gorges furenl cueiilis par une a-,ralanch"e et
projelés dans la rivière d'oir pourtanl, ils réussirent à se sauver.,
g.âce aux secours venus du Moulin-Ravier. Même aventure arriv:r
da^s la journée à trois skieurs, dont une femme qui fut dégagée
indemne et put rechausser ses skis. Flumet fut ronguement rio{ue
et, privé de toute cornmunication aérienne et routière avec LTgine.
SeuI le chasse-neige de l4égève, attelé cle 18 chevaux, parvJnait
ju.squ'à lui le 26. Ir failut trois équipes pour débra'er à ra perte
la route des gorges. Erres éraient, près de toucher au but le 21
lanvier. Mégèr'e avait reçu 0 m.60 de neige te 23; ra couche s'ére ait
à I m. 50 et par endroils à Z m. le 26. L'ouverture de la route par
le chasse-neige jtisqu'à sailanohes dut se faire après trois tentatives, et chaque fois avec des attelages renfotcés, d.e IZ, L6 et
18 chevaux. on ne lit que b00 m. à ra première; la cleuxième atteignait Combloux, el, Ia troisième,le 24, Sallanches, oîr elle donnait
cnlin ia voie à une nombreuse colonie désireuse d'ailer skier pour
Ia Noël à l\{égève et À{ont-d'Or. Là aussi, on n'avait jamais tanl vu
de neigc à la fois ni si précoce. C'était pareiltement l,avis d,urr
vieillard de g0 ans à la Gie[taz.
Ici, ia Grande-Avalanche de la porte cies Aravis (2b99 m.) au
flanc S.-E., pa'Liculièremenl raide et dénuclé, et qui, le {2 janvier
1843, avail écrasé cinq maisons et fait treize morts, s'essaya à
reprendre sa néfaste tradition. Une premièr'e oouléè poudreusô, au
rnaLin du 23, souffla sur le chemin de l,église un homme de 89 ans,

I

150

F.

I,AS AY,

GEX.

veuf e[ pèr'e cle trois enfanl-q. Son corps ne fut re{.rouvé que le 24
à 15 h., dans ie cône, à mi-neige, enl,re deux épaisseurs de 2 m.,
tranqulllement éLoufTé, avec la têLe et les mains légèrement, dég:rgées par Ie vide de la fusion provoquée par un reste de chaleur
animale. Jusqu'au 28, la tourmente resta déchaînée; < une vériiable
bataille des vents semblait se livrer auLour de la Porl,e des Aravis,
notre grande meurtrière de tout temps r. ûe fut alors au lour de
la Pointe de Balmaz de projeter par Ie couloir de Ia Paraz (paroi)
sur le village de Rosay une énorme avalanche de fond. ElIe respecta
une première nraison. avertie eL bien protégée par une u garde ,,
à toute épreuve, nrais ce fut pour en écraser un.e aritre à 200 nt.
plus bas, Lou[e neuve et so]ide. Elle y surpri l, el, tua deux jcunes
gens, le frèr'e el, la sæur, lcurs six vaches, un chcval, des chèvrcs
et n:ioutons. Le même jour, un ouvrier ardoisier des caruières de
l{anant, sur I'Arôndine, à mi-chemin entre la Giettaz et Flumet, en
quittant son travail, subissait Ie même sort.
f) Cham,eniæ. - La descente du seuil de Mégève dans Ia comlre
le retour au calme eb aux menus accidenLs
de Sallanches marque
cle Ia plaine, or\ Ia couche s'allénue et ne traoasse plus que des
loilurcs aux jours comptés. Seul le Val-Montjoie (Nlont-Joiy), dc
Saint-Gervais au llonhomme, dui à son altitude et à ses glossos
neiges poudreuses t'avalanohe énorme des Contarnin.es, qui, sur lc
versant gz., entrc ie Baptien et ies Nivorlns, descendit dans lo
Borrnanl, en un cône de 200 x 50 x 20, lrois chalets et deux habitations temporaires d'été.
L'altiiude et Ie voisinage du NIont-Blanc, la direction S.-W. de sa
vallée et le modelé glaciaire de ses flancs, ramènent à Chamonix la
reprise des avalanches, grandlose el, habiluelle, mais sans plus,
n'étaient les effets aussi prévus de I'abondance excep[ionnellc. I]s
intére-qsent beaucoup plus le bas el, les installations hurlaines, qui
s'y altendent chaque hiver, que ies versanls raides et sans reLenuc.
Au 23 Cécembre, la courche de neige atl-eignait 1m.20 à la maisoir
forestière do Chamonix. Le train électriquc ne quittait plus le !'ayel,
car 1a voie était inLelcepl,ée près du poni Sainle-X'Iarie, sous xler'1et.
et en amont d'Àr'gcntière, pal Llne aulre avalanohe, descenduc du
Grand-Chirntay. Les lignes aériennes él,aient pareillement rompues.
Cette ticrnière avalanchc a partiellement, dénro1i 1a coopérat,ive
cl'Argentière, défoncé Ie hangtLr des pompes, endomuagé d'aulres
rnaisons ct, enscvcli un homme qui fut, sttuvé après 3 h. d'efÏol'1,-q.
Tous les cor:loirs de ûhésery ont donné des avalanohes de poussièr'e,
mais le brouillard en.rpêcha de constater leur importance, lcut's
point,s de déparl, comnte leurs dégâl-s. Le chasse-neige, palii atlssiLô1,
pour déblayor la ligne de Chamonix ar-r \tont-Roc, est demeuré
bloqué au Planet d'Algentière.
0omproÀprès Ic 23, les chutes se succédant, Chanronix

mett,re I'organii
pariicipan[s. 0r

nent, aux chat
Entre Servoz et
avalanche sur I

rélablie du Fa'
{ rn. 60, cont.i
nlenaces, pal vl
se faisait génér

des r\igr.rilles-R
de le forê1, com
cnLro C,hantoni:

à la couper

et,

di'ont phis Argr
Ce sera la parl

g) En Slrisse
nréfaiLs des

lcur

at

acuit.é. St

désigne les avl
broyé une ricm
Bagnes ou, tan
mesurait 2 rn.

commc dan.s

Annivicrs,

I

les

difficiles à

ou

cônes innombr
i.L surpri-< qual

rcstés cnseveli

la ligne

(irisons,

de la
bea'.i

obs[ruées. A
consommer sr

denri

enseveli

shicurs, des mt

une él,able

et

Weisstanncn.

Préalpes suist
blcrets, les mé
A Lavanoh)'-I

triquc coupée
de la oatastlo

51 rlaisons et

veura très vol
Sranges olr c
décapite sinP

LES AVALANCFIÊS DE FIN DÉCEMBRE 1923 EN

+
I
j
i

SAvoÏE.
IDL
nlettre I'organisation de ses Jeux orympiq.es et |arrivée
de reurs
part'icipants' on Iit apper à cle nombrô'ses équipes
pour
ment, aux chasseurs d'Annecy et jusqu,au 4. génie re ààdui"de Grenoble.
Entre Ser'oz el les Houches, â.,r* ô.ruri.rs employés
à couper une
avalanche s'r la ligne f.rent érectrocutés. re zo,
tà crrcutatàn
rétablie dn Fayet à Chamonix, mais la neige, qui atteignait etait
déjà
I m. 60, cont.inuail à^ t9_lber fine et pouO"euse, ao".
O.
ifËlr*
menaces, par vent d.u S._W. et par _2" à _b". En
effet, ia reprise
se faisait générare dès le 29, oùr notamment une grosse
.oiriJo,^p'n"ti.
des Aiguilles-Ro'ges au-dessus de Ia r,'règère,
ùarayait zr i.eiàres
de la forêt co'munaie de chamonix, barràit la
routl, ta'oie-ie"ree
cnlre C,llantonix el Argentière, et I'Arve sur 800 r,. On
dut renonoer
à la couper et, de ce fait, les convois vraisemblabtement
n,attein_
dro't pl's Argentière, Ies Montets ni vatorcine avant, le priniemps.
C,e sera Ia parl du feu... ou du froid.
par delà la lrouée de Vallorcine
o) En Suisse.
eL du Trient, les
méfails des avalanches
sembrent avoir gardé une Ironrr*-p-ui o.
leur acuité. Sr.rr ia, Dranse de Bagnes, là ueura, c,est ainsi
qu,on
désigne les avara'ches de poussière dans re Bas-varais,
a raËé et
broyé une demi-douzaine des mayens de la pierre-à-voir
à verbier,_
Bagnes oir, tandis qu'il pieuvait trans Ia plaine, re prateau
oe ve.rie"
mesurait 2 rn' 50 de neige sèche. sr-ir re Trient, cle sarvan
à FinhÀut,
comme dans les va.ls ialéraux de la chaîne pennine,
à Héi.ens et
Anniviers, les stations supérieures sont broquées et res
t"i,
diftcites à ouvrir. Dans re Haut-varais, la vailée est"o.,t..
barrée cre
cônes innombrabres' A Holz-sur-Brieg, .ne avalanche
du Glish.r.'
a ,surpris q'atre ruvriers occupés à crescendre cru bois;.cteux
sànt
restés ensevelis" A.ux abords clu saint-Gothard, près ,r.
xi.ànr*ïro,
la ligne de ra tr-urka est recouverte sur 800 rn Ari derà,
dans res
Grisons, beauco.p dc rourcs sont défoncées ct des voiÉs
ferrées
obstruées. A Haldenstein, quarante têtes de bétail, *ontoes-fo,r"
consommer sur place- le foin des granges d,été, furcnt
cernéËs,
denri ensevelies et dégagées bien pOnibtement. A Zuoz, q,rni"nà
skieurs, des maz,ots et re cimetiè"u sot-ri emportés; à Gæschenen,
to"t"
.ne él,able et tine jeune Iirie disparaissent, un vieiilard est tué
au
weisstannen. Dans ra zone occidentare de Ioberianrl bernois
ef des
Pr'éalpes sulsses, nol.amment dans les vailées érnissa,ires
des Dia_

blerets, les méfaits ne se comptent prus. Leysin est isoré et marmené.

A Lavanch,'-Dessus, vingt bâriments sont balayés et la ligne électrique coupée; Lavanchy-pessous est évacué par crainte d,ùn retour
de la catastrophe du 7 février dz4g, oîr t'avàranche avait
empor[é
5l maisons et t'ué r7 personnes et 34 bêtes. celre de châtirlon,
unc
veura très volante, engloulit dans le torrent de ra Grande-nurr'rËpt
granges ou chalets, t,rois maisons reuves non encore
habitées et

décapite simplement et sans autre mal une étabre remplie de
neiait.

r

LES AVA

152

tr'. cEx.

règle et les

gen,c

Les mêmes méfai1,s se propâgent sur toutc 1a zone montagneu-se
vers le N.-8. Dans ]a régiort de Grindehvald (Berno), une coulée
s'abîme à Sl.alden dans lcs eaux de la Lutschine, avcc seize granges,
quatle vacltcs et des viclimes humaines; trn hôtel de Schrvandfeldspitze à Adelbodcn est ér'entré; la routc ric Frutigcn à Adclboden

voir, La nouvea"r
de le Gieltaz, f

sur 200 ru. el, des pont,s coupés.
Les Allrcs aulrichionnes eurent pareillernent leur par[, et nous
nc rappeller'ons que pour mémoire le forrt,idabie accidenl de la
vallée de I'Er.rns or), au début de février 1924, :ulne offensive foudroyante dcs avalanches rasa des villages enticrs, engloutit un
train en nralche el, lit une centaine de victirlles'
Au tolal, la presse suisse est unanin.rc à conslaler qlle sa zol]e
alpestre n'avait ricn connu d'aussi général ni d'aussi grave depuis
une période d'au rnoins dix ans.

r-les aléa-q de

ohstrr-rée

cnsanglanté les

leur précocité

t

es

généralemenl; so

i'exi

les chanoes à

cr

nrières envisagée
letour fâcheux.
inhérentes à la r

pourraii-on dirr
c1u'cllc frappe

sr

gardés.

Ainsi à Bonr
pal un

saccagés

icrvention de I'
CONCLU SIONS

1" Le bilan. - Notrs ne nous risqucrons pas au jeu incertain des
comparaisons cn cc qui concernc noLre l'égion. Ses mtrlhcurs autont

amplemenL et ptus sùrenrcnl démonlré qu'ils sonl, un produit direot
cie t'énormité inouÏc rle la Iuasse dc ncigc, de sa chu[e longuernent
prolongée eL pltLs cnc(lre clc sa qualité qui, à l'état sec et polldxeux,
ne lur a pas pelrnis de s'accL'ocher sur les pcntcs raidcs et dénudées.
Le résultat s'est tladuit par ttn véritabie cat.aclysme dont nous ne
reliendrons que Ie néclologc, riche de 21 existenccs humaines, donl
10 à Beauforl,,2 à Hautoluce, 1r a la Gilttaz,2 aux Houches, 1 à

Rourg-Sainl,-Ifaurice, 1 à Valn,einier et 1 à Saint-Jean-d'Aulph;
sans parler d'une ving[,aiire de b]essés, y compris ceux de Montgirod.

Quelques antécédents' - Le précieux lableau que M' nlougin'
vient de publicr sur l'histoire des avalanches en Savoie permettrait'
d'y découvrir sans effor'L, sltr un espace de trois siècles environ, des
équivalenccs à celui dc déccmbre 4923, en particulier aux années
1812,11.843 eL tB44. 1812 enreglstra 28 vicl,imes, donl,6 à Bourgl
Saint-Maurice, 3 à Champagny, 9 à Saint-Ferréol, 1r à Morzine,
toutes fauchées presclue lc même jour, à la mi-février. II y en a
30 au {5 janvier 18113:5 à Saint-sorlin-d'Arves, 12 dans le vai de

2'

Chamonix e[ 13,à ia Giel.taz; t0 en 1841r, fin févricr, dont 6 encore
à la Giettaz. Les'coup-s de la mort par I'intermédiaire de l'avalanche
ont donc leurs lieux prédestinés' On ne saurait cependa'nt I'ériger en

accidents qu'ils

pas... D. L'intent

le choix enhe ul

cotilées de neig
dans un autre e

le maintien

p.242-2ffi.

de

I'irvalanoh e.
Lcs avalanch

semblables à

ce

une surplise



des accidents

de

Mavaldy. -- <
cette Province

de deux

semair

a,vec cette villr
clommages qui

avons déjà app
chernins ont é'
Entre la parroi

la-Costc (flanc
d'avalanches, q
élevée de la Io

parroisse de

I
L Op. ci,t.,

r il
à de s

t,oul, dit-11,

r'ésister

Sa

Archives dépz

LES AVALANOHES DE T,IN DÉCEMBRE
1923 EN

SAVOIE.

{53

règle

res gen-s qui.persistent à s'y fixer
ne se Iaissent pas émou_
_et
voir. La
nouvea,uté des dernières aiatarrcfr.s
est d,avoir, en dehors
de la Giettaz,
fral_rpé

ailleurs

aveugtement, en particulier d,avoir
ensanglanté res admirables gorges
dù Doron de Roserend. Le fait cle
leur. précocité est ptus surp-renlant

généralemenl souligné,

ÀÀ;;,

celui qui a été le mieux

,le resLe n,éianf oonsidéré.que ,"*, l,*ïp0."
des atéas de I'existence eh
montagns et comme
les chances à courir: tes mauiairu" ràÀ-u des risques du méiier,

res bonnes: Ies pr.edes avertisse;"rt;;
;c;;ffi;;^ià i.",
-i.,
'omme
fâcheux. cera ne dissipera pur
surprises : etes sont
'etour
inhérentes à la nature même des i"t.rnpl"ies
responsabres, a' point,
pourrait-on dire, que c,est la surprise
même qul
loôiË
qu'elle frappe souvent, bis in id,em,,
".i-i"res mieux.t
ies 'gÀns et les rieux
gardés.
n'rières envisagées

Ainsi à ponneval-sur_Arc,

.le village et son église, ayant été
par une aualange en janvier
i772, 1", gunJ i*ito;";'r,irr_
tervention de .intendant u pour se me*re
à r'abry de semblable,s
accidents.qu'irs exposent êire inévitabres
si on ne les préviens
pas... r. L'intendant, très perplexe
et non moins bien o.r."ti,î*pàr"
le choix en[re un mrrr et le dZplacement dti
village. Il importe avant
tout,,dit-il, r, il est question dlêt"e assurJ'ri t.
À.," p.ô;;J;;";""
résister à de sembrabres événemens dans chaque
année lors des
couiées de neiges, ou s'il convienclroil
mieux rlc p.lacer le hameau
dans un autre endroi.l.,.- t. Les gens, ,lnt,oatta-ant,
optèrent pour
l,
le maintien .de leur village
et four la tutte et ses a]éas cont.e

.saccagés

I'avalanche.

Les avalanohes de février 174g, si sévères e'
Iarent,aise et si
semblables à ceiles cle cette année, sembrenl, pareilrement
u".i""otg
une surprise générare. Leur récit mérite d,ôtre
confronto avec ceiui
des accidents de clécembre lO2B: Motrtiers,
i+ teu". 1749, le s,llntend.
Mavaldy. -- ( II est tombé une si granOe quantité
.e neiges dans

cette Province qu'on ne peut pas ap'procherles
forêts, if I a pirs
de deux semaines que le comm,ercJ est'inierrompu
des parroisses
avec cette ville, et même de
parroisses
*rrt".'.if..;-iu,
.plusieurs
dommages qui s'en sont suivis
sont très considérabres que nous
avons déjà appris sans cellx que nous ne
savons pas encor... Les
chenrins ont été bea'coup dégracrés et surto't
du siaix.
Entre la parroisse

de Saint_Jean_de_Belleviile et, Saint_Laur.en[_de_
'Etroit
la-Coste (flanc E. de Crève_.Iête), il est tombé
une si grand. q"_"Uie
d'avalanches, qui a si fort rempli Ia vailéÀ qu,il
a fait une plaine
élevée de la longueur d'environ r/4 de milre
de chemin... Dans Ia
parroisse de saint-Jean-de-Beilevilre, re
viilage du viilaret,

.o,,'pore

r Archives

clépartementales Savoie (C, 1g4).

I
LUS AYAI

154

F.

GEX.

de 36 maisons,24 ont élé écrasées avec la perte de 12 personnes;
à Granier,2 maisons où 3 personnes sont péries; à Saint-Paul-de-

Conllans (s/Isèrc), 17 mai-qons sans aucune perte (humaine); à
Champagny 7, à Plalognan 6, sans pouvoir savoir s'il y a du monde
perdu pour ne pas avoir encor pu approcher dcs hameaux ruinés,
ayanl. vùs ccs malheurs par les endroits circonvoisins. Du l{arquisat
de (Eourg) Saint-lilatrrice ct du conrté de la Yal d'Isère nous n'avons
lien npplis pour être encor le passa€ie houché. J'ai donné les ordres
aux lrarroisses qlle j'ai pu faire parvenir, pour tracer ie chernin sur

renseigner le pu

pour que les

guerre, d'adaptat
permettait d'atter
Il serait bon e
serrer Ie foin de

la neige... Je suis charmé d'apprendre l'évacuation que les Esp:ignois ont fait rle ce païs., (Ils é.taient pires que I'avalanche.) Arr
2? févricr, les renseignenienl,s cornpléirenl,aires signalent < la chute
tl'r-rne très grancle quantité de granges avcc perLe de quelque bétail,
cntre aulres à Villaroger 24 qui étaient sur les montagnes pour
retirer lcs fourragcs, 3 en cette ville (IIoùliers) à l'égard du Pla-

I'homme.

D.a;2...

dreuses.

, t.

La catastrophe du Villaret,, dans les Bellevil1e, dont le souvenir
est aujourd'hui effacé, était encore évoquée douloureusement en
l'an XIII, en raison de son retour en 1792 au Yillard : < La commune
est située srlr une p'ente très rude, plusieurs de ses hameaux sont
exposés chaque année à être rasés Dar les avalanches, En 1749, Ie
village du YillareI a été rasé à nroitié, 14 personnes périrent, alols.
Itrn 1792, unc partie de celui du Villard fut aussi rasé. Deux familles
cntières périrent: un enfant scul au berceau fut trouvé vivant sous
lcs neig'es... r z.
Ces récits altestcnt l'émo[,ion soulevée par ces genres d'accidents,
plus encore I'insl.abilité du souvenir et la rapidité de I'oubli, donc
de la mise en garde. L'insouciance serait-elle une autre forme de
I'adapt.ation à la vie de nrontagne, comme on I'observe dans toutcs
les régions de volcanjsme actif et sur les terr.es qui tremblent, ?
Du moins, que les montagnards sachent profiter de oes leçons, si
dures en ce qui concerne les relations où la neige et ses avalanches
aggravent totliours dangereusernent l'isolement du relief. Il serait
à souhail,er que le chasse-neige circulât sans tarder, môme en pleine
chutc, dès qlle 1'épaisseur devient considérable et gênante, en donnanl, au trianglc lc plus d'ouverture possible au débttt, laissant Ia
la,ti Lude de la rédr-rire ensuite, comme on I'a pratiqué si judicieusernent à Sixt, n{orzine et Mégève. Au lieu que les déblaiements à
la pelle sont toujours longs, dangereux (Versoie l) et rulneux.
Des instructions u supérieures

1

Id. (C,208 et 873).

, /d. (s L, 556).

> devraienl êl,re données

por.1r

lo

automne des pro
et Bessans furenl
ne se produisait
notamment, Ie pr

neiges écrasenL

e

C'est 1e pain des
Ces provisions

le courrier'. Ceux

tant que mugit,

I

El pour en fir
skis à l'honneur
a désormais fait
intempéries de

d

quclque peu vain

rigoureuse nécei

hiver. Nous I'avt
pires diflicrilt,és;
des avalanches;

épreuve de

l

déce

tES AvAr,aNCHEs DE FrN nÉcnMsRp ig23 rN
sAvorn. lb6
renseigner
publio sur les poinls et ]es route,s l,es plus
menacés;
p'ur que les
'e looalités susceptibles d'être isoléer
rà.rc.t
,rrâi,r"
"Cî"*Oîu",
automne des provisions de vivres de réserve.
fr"r*t,
et Bessans furent pl'sieurs jours sans pui"...
O" boulangerle; ce qui
ne. se produisail

pas jadis où

le pain noir, qui .nr:à-i.*

Lrr",
notamment, le pain de seigie, était d,un o.uga
oor"u.rt, un pain rJe
guerre, d'adaptation au olimat, cuit pour
tùis a .i" *o1.,.Ëf'qrri
permettait d'attendre le relour des beàux
,jours.
Il serait bon augsi de voir cesser cette pratique qui consist,e
à
serrer le foin de montagne dans ]es grurrgu.
d,éié, q;e l;;;;;;",
écrasenl et, qu,e les avaianch.. îirpËrr.rrt, trop
:giglrr.
fréquemment.
C'est le pain des bêtes, qui peuvent
iÀti" pr", ie".".*"àJ'q""

"n
d,ul besoin plus impérieux que Ia poste ct
le courrier. Ceux-ci ne val,ent pu, qou des ùes
iru_ui"à, ,,J*porrrrt
tant que mugit ia tourmente ut qul tourtiuonne"i
r.. ;;;;î;;_
I'homme.

Ces provisions sont

d

reuses.

El pour en finir

avec cette homélie,

il

est,

juste de mettre

les
skis. à l'honneur. sport d'hiver jusqu'ici
et faïtaisio à. r"àïr,''
a désorm.ais fait ses preuves; il derneurera oonsacré
par les âpres
intempéries de décembre {923. Beauco"p pirm que
d,es Olympiad,es,
quelque peu vaines et tapageuses, il aura
été promu à ra dignité d,une
rigoureuse nécessit,é dans Ia vie de relations
de ra
hiver. Nous I'avons vu. à l,æuvre partout et parlout mo"ntagrrà*àr,
triompher

des
pires diffic'ltés; on lui doi[ ia survie d'une
des;.;;"p;,
fiuinzaine
des avalanches; le ski dem,eure'a le grand
vainqueur de la très dure
épretive de décembre 1923.

F. Gnx.

"




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